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Ce que proposent les partis d’opposition

In LesEchos

FN : l’immigration dans le collimateur

Pas question, pour le parti d’extrême droite, de toucher à la retraite à 60 ans. « Sarkozy vous enfume […]. La nation peut parfaitement réaliser un effort, le temps de sauver nos retraites, sans qu’il soit nécessaire de saccager notre système actuel et d’appauvrir encore les Français », a affirmé sa vice-présidente, Marine Le Pen, dans une longue vidéo mise en ligne, hier, sur le site Internet du parti. Le Front national ne prône pas seulement l’élargissement du financement des retraites « à la spéculation et aux stock-options » et la taxation des retraites chapeaux pour donner un « petit bonus » aux travailleurs dont les métiers sont pénibles. Fidèle à son corpus idéologique, la formation de Jean-Marie Le Pen s’en prend surtout à l’immigration et la contribution française au budget européen, suggérant d’arrêter ces dépenses « inutiles et novices » pour les réaffecter « en partie » aux retraites. A plus long terme, le parti veut « encourager une politique nataliste vigoureuse, au lieu de recourir à une immigration coûteuse et déstabilisante ».

Modem : un système à points

Au sein de l’opposition, le Modem est un cas à part : il est le seul parti à accepter un report de l’âge légal de la retraite au-delà des 60 ans. François Bayrou s’est dit « prêt à soutenir » une réforme « nécessaire et indispensable », pour peu qu’elle soit « juste ». Pour le Modem, la prise en compte de la pénibilité est une « priorité » et ceux qui ont commencé à travailler très tôt « doivent pouvoir partir à un âge raisonnable ». Surtout, François Bayrou a expliqué à Eric Woerth, François Fillon et Nicolas Sarkozy l’importance qu’il attache au « filet de sécurité des 65 ans », qui permet de faire valoir ses droits à la retraite sans décote, même sans avoir le nombre de trimestres nécessaires. « Il protège les femmes qui ont élevé des enfants, les jeunes qui ont fait de longues études et tous ceux qui ont eu des carrières « cassées » à cause du chômage ou de la maladie. Il ne faut donc pas y toucher », a-t-il prévenu. François Bayrou est de longue date favorable à un système de retraite à points, dans lequel « chacun peut choisir plus librement le moment de son départ ».

Parti socialiste : des « efforts partagés »

« Un système universel et personnalisé » : telle est la philosophie de la réforme des retraites proposée par les socialistes, qui mettent en avant l’idée d’ « efforts partagés ». « La réforme des retraites ne peut pas être indolore pour les salariés, mais elle doit être équilibrée », estime la députée Marisol Touraine, en charge du dossier. L’ensemble des revenus sera mis à contribution, y compris ceux du capital. Maintenir l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans, est, selon les socialistes, « une garantie pour ceux qui ont commencé à cotiser tôt, une protection pour ceux qui sont usés par leur métier et une liberté de choix pour tous ». Leur réforme repose sur quatre piliers : trouver de nouvelles ressources, aider l’emploi des seniors, prendre en compte la pénibilité et proposer une « retraite choisie ». Au chapitre des ressources, reprenant l’estimation du COR qui évalue à 45 milliards d’euros le besoin de financement à l’horizon de 2025, les socialistes proposent de prélever 25 milliards d’euros sur les revenus du capital, 12 milliards d’euros grâce à l’augmentation « modérée et étalée dans le temps » des cotisations, des « mesures fortes pour l’emploi des seniors » qui permettront de dégager au moins 6 milliards d’euros, et, enfin, « 5 à 10 milliards d’euros grâce aux réformes de structure : incitations pour ceux qui le peuvent et le souhaitent à travailler plus longtemps ». Pour sécuriser le système, les socialistes veulent alimenter le Fonds de réserve des retraites grâce à une surtaxe de 15 % sur l’impôt sur les sociétés acquitté par les banques.

Verts : augmenter le minimum vieillesse

Sur les retraites, les écologistes ont opté pour une ligne « à gauche toute ». Les Verts ont signé, le 7 avril dernier, l’appel lancé par Attac et la Fondation Copernic. Un texte jugé trop radical pour que le PS s’y associe. « Nous considérons que l’allongement de la durée de cotisation ou le report de l’âge minimum de départ à la retraite ne peuvent qu’alimenter le chômage -en particulier celui des jeunes -et faire baisser le niveau des retraites, déjà largement entamé par les réformes précédentes », disent les Verts dans un texte qui sera soumis à leurs militants en fin de semaine. Les retraites, selon eux, « doivent être réformées pour plus d’équité, en augmentant et en facilitant l’accès au minimum vieillesse, et en améliorant les compensations en faveur des femmes ». Pour dégager de nouvelles ressources, le parti de Cécile Duflot prône notamment « une conditionnalité de la politique d’exonération de cotisations sociales et l’abrogation des exonérations sur les heures supplémentaires », « un prélèvement social sur l’intéressement, les stock-options, l’épargne salariale » et « l’augmentation de la CSG sur les revenus de placement et du patrimoine ».

Parti communiste : retour aux 37,5 annuités

Les retraites seront au menu du « congrès d’étape » du PCF, à la fin de la semaine, au cours duquel Pierre Laurent succédera à Marie-George Buffet. Les communistes demandent notamment la prise en compte de la pénibilité, le maintien de l’âge légal à 60 ans avec les garanties pour une retraite à taux plein et de la référence aux 6 derniers mois de salaire pour le calcul des pensions, le retour aux 37,5 annuités de cotisation « pour tous », la revalorisation des petites retraites et la prise en compte des années de formation. Pour financer ce programme, le PCF propose de taxer les revenus financiers des entreprises et des banques « au même taux que la cotisation sociale patronale assise sur les salaires ».

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