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La réforme des retraites tranchée à l’Elysée - Le Point

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PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a arbitré mardi soir avec François Fillon et Eric Woerth les modalités de la réforme des retraites, qui repoussera l’âge légal de départ à la retraite au minimum à 62 ans.

Le chef de l’Etat, le Premier ministre et le ministre du Travail se sont retrouvés à 19h00 à l’Elysée pour d’ultimes arbitrages sur cette réforme dont Nicolas Sarkozy a promis une nouvelle fois mardi qu’elle serait "juste".

En début de soirée, l’Elysée a annoncé que le projet de loi sur les retraites, qui doit être présenté mercredi matin par Eric Woerth, ferait l’objet d’ultimes concertations avec les partenaires sociaux jusqu’à vendredi.

Nicolas Sarkozy a demandé à son ministre du Travail de recueillir leurs "remarques" et "suggestions".

"Le projet du gouvernement, assorti des modifications qui pourraient ainsi être retenues, sera ensuite transmis pour consultation aux caisses de sécurité sociale et aux organismes consultatifs des fonctions publiques puis présenté en Conseil des ministres le 13 juillet, afin que le Parlement puisse en débattre au début du mois de septembre", ajoute l’Elysée dans un communiqué.

Devant un congrès de PME à Paris, Nicolas Sarkozy a jugé "juste que la réforme s’applique à tous, salariés du privé ou agents publics".

"Il est juste que la réforme soit progressive, les règles ne s’appliqueront pas du jour au lendemain (...) mais le rendez-vous ne doit pas être trop éloigné pour ne pas tirer un trait sur l’avenir", a-t-il ajouté.

L’ÂGE LÉGAL, LA MESURE PHARE

Le projet prévoit pour mesure phare le recul de l’âge légal de départ à la retraite, fixé à 60 ans depuis 1983, à 62 ans ou 63 ans. Une mesure dénoncée par l’opposition et les syndicats.

Le curseur - 62, 63 ans ? - et le rythme de hausse de l’âge légal - un trimestre par an, quatre mois ? - ne seraient pas encore tranchés selon des sources gouvernementales. Ni leur corollaire, l’allongement de la durée de cotisation.

Dans son édition de mercredi, le quotidien Les Echos écrit que l’âge légal de départ à la retraite va être relevé à 62 ans à l’horizon 2018 mais que le passage à 63 ans "ne serait pas acté formellement".

Sans citer de source, le journal ajoute que l’âge de départ à la retraite sans décote "serait porté à 67 ans", que les 350.000 foyers de la tranche supérieure de l’impôt sur le revenu subiront "une contribution de 1 à 2% hors bouclier fiscal" et que les "revenus du capital devraient être taxés de manière ciblée".

François Fillon a réaffirmé lundi que les hauts revenus seraient mis à contribution au nom de l’équité, sans préciser les pistes envisagées.

Eric Woerth a précisé mardi que la taxation des "retraites chapeaux", dont bénéficient les dirigeants des grandes entreprises françaises, serait renforcée.

Selon La Tribune, les revenus de l’épargne pourraient aussi être taxés, mais cette mesure toucherait aussi les ménages les moins aisés.

LES SYNDICATS PRÉPARENT LA RENTRÉE

Soucieux de donner des gages à l’opinion publique et aux syndicats en prônant "l’exemplarité", le gouvernement a pressé les parlementaires de renoncer à leurs avantages en supprimant notamment la double cotisation dont ils bénéficient.

François Fillon a par ailleurs annoncé aux députés UMP qu’il demanderait à ceux de ses ministres concernés - cinq au total - de renoncer à toucher leur retraite de parlementaire (6.000 euros nets mensuels à taux plein) en complément de leur indemnité ministérielle (14.000 euros nets mensuels).

Les syndicats estiment que le combat "commence aujourd’hui" contre le projet de réforme, qui sera examiné à la mi-juillet en conseil des ministres et soumis au Parlement en septembre. Un calendrier qui entrave toute mobilisation sociale.

Force ouvrière a organisé mardi une journée d’action contre la réforme, en cavalier seul, alors que l’intersyndicale (CGT, CFDT, CFTC, FSU, Solidaires et Unsa) appelle à des grèves et des manifestations le 24 juin après une première mobilisation le 27 mai. Mais l’objectif est la rentrée.

"L’objectif, c’est de réussir septembre, c’est là que ça va être le plus chaud. C’est la rentrée et le contexte sera différent", a dit le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, au départ du cortège parisien.

Pour Bernard Thibault, le projet en préparation est "une loi qui va être un véritable recul social d’ampleur pour les futures générations".

La mobilisation "commence maintenant et tout va dépendre maintenant du degré de réaction des salariés", a jugé le secrétaire général de la CGT sur France Info. "Maintenant, les choses sérieuses vont commencer".

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