Accueil > Actualités > Retraites : les économistes doutent encore

Retraites : les économistes doutent encore

In LeFigaro

Bercy assure que la réforme des retraites sera bien accueillie par les agences de notation. Elle réduira le déficit d’environ 0,5%, d’après le gouvernement. Les économistes de banque ont toutefois encore quelques doutes.

Les marchés attendaient avec impatience la réforme des retraites. Age légal repoussé à 62 ans, prolongement de la durée de cotisation, hausse des prélèvements obligatoires… comment les annonces du gouvernement seront-elles accueillies par les marchés et les agences de notation ? La note AAA de la France, la meilleure, est l’objet de toutes les préoccupations à Bercy. La maintenir est un objectif « tendu », a même déclaré le ministre du Budget François Baroin.

Bercy l’assure, rapporte Reuters : « L’évaluation de ce genre de réforme ne peut être que positive par les agences de notation ». Les experts du ministère ont calculé que le relèvement de 60 à 62 ans de l’âge légal de départ à la retraite représente 1,2 million d’emplois et quatre points de PIB de plus à terme. De plus, « cette réforme contribue à améliorer le déficit d’environ 0,5 point de PIB d’ici 2013 », selon l’entourage de Christine Lagarde.

« La réforme va évidemment dans la bonne direction, parce que la situation actuelle est intenable », a réagi Dominique Barbet, économiste de marché chez BNP Paribas IP. Le report de l’âge légal de la retraite à 62 ans est applaudi. « Le symbole de la suppression de la barre des 60 ans est important, il est plus facile de la faire bouger davantage ensuite si besoin », estime Gilles Moec, économiste chez Deutsche Bank. Le rythme du passage aux 62 ans, plus rapide qu’initialement envisagé, est également approuvé.

Si la limite des 63 ans a finalement été abandonnée, « le plan du gouvernement est relativement agressif dans la vitesse de la mise en place du dispositif, qui devrait être effectif d’ici 2018 », se félicite Dominique Barbet. « Les syndicats s’attendaient peut-être à un passage moins violent, et les agences de notation à un passage plus rapide. Le gouvernement doit ménager les deux. »

Des doutes subsistent. « Je ne suis pas sûr que ce soit la réforme finale », s’interroge Gilles Moec. Les hypothèses de croissance du Conseil d’orientation des retraites sont en effet optimistes, avec un taux de chômage de 4,5% en 2020 par exemple. « Tout dépend également si les employés choisiront de travailler plus longtemps pour obtenir une retraite pleine, ou s’ils préfèreront partir plus tôt. »

Source

Vous aimerez aussi