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Retraites, ce qui se prépare - L’Express

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Une réforme classique jouant sur l’allongement de la durée de cotisation et/ou sur celui de l’âge légal de la retraite. Plus une petite dose de prélèvement.

De la réforme annoncée on sait déjà ce qu’elle ne sera pas : un changement radical de système. Le Conseil d’orientation des retraites (COR) a bien étudié cette hypothèse, mais le passage à un système par points (ou notionnel) n’est pas retenu par le gouvernement : trop long, trop compliqué et ne dispensant pas des efforts nécessaires pour redresser les comptes, lourdement déficitaires. Or c’est le sujet le plus urgent. D’ailleurs, la réforme commencera officiellement le 12 avril, deux jours avant que le COR publie ses nouvelles projections financières, beaucoup plus sombres que les précédentes, en 2007. Elle sera discutée par le Parlement, en principe en septembre.

On sait aussi que les pensions des retraités actuels ne seront pas touchées. Promesse présidentielle dont on devine l’arrière-pensée politique. Le principal remède sera donc puisé dans le "travailler plus longtemps". Deux curseurs peuvent être utilisés : l’allongement de la durée de cotisation, instrument privilégié des réformes de ces dernières années. Celle de 2003 prévoit d’ailleurs un mécanisme automatique de partage des gains d’espérance de vie constatés entre la durée de travail (à hauteur des deux tiers) et la retraite (le tiers restant). Il est assez probable que la future réforme reprenne cette idée.

Un exemple : à condition que l’espérance de vie continue de progresser au rythme actuel, ceux qui auront 60 ans en 2030 devront avoir cotisé 42 ans et un trimestre (voir ci-dessous). Mais cette mesure ne produira d’effets financiers que sur le moyen terme : dans les dix ans à venir, elle rapportera assez peu, car les générations qui vont cesser leur activité sont encore celles qui ont commencé à travailler jeunes et remplissent déjà l’exigence de durée de cotisation, même augmentée.

Aussi, pour faire des économies à court terme, le gouvernement envisage-t-il d’augmenter l’âge légal, les très symboliques 60 ans. Une mesure jugée essentielle pour la crédibilité française. Ceux qui justifient déjà de la bonne durée de cotisation devraient attendre d’avoir atteint ce nouvel âge (61, 62 ans ?) pour pouvoir liquider leur pension.

La hausse des cotisations ? Jusqu’au 31 mars, Nicolas Sarkozy s’y refusait car il avait juré qu’il n’augmenterait pas les prélèvements obligatoires. La polémique sur le bouclier fiscal l’a contraint à amorcer un virage : il envisage désormais de demander un "petit effort" aux Français. Dont les plus riches ne seraient pas exemptés.

Officiellement, le chantier ouvert par le chef de l’Etat a pour finalité l’équilibre financier. Mais le président et son ancien ministre des Comptes publics, devenu celui du Travail, Eric Woerth, savent qu’ils devront donner un peu d’âme à leur réforme. Notamment en traitant de la question de la pénibilité : l’idée que certains métiers éprouvants méritent une retraite précoce s’est imposée dans l’opinion.

La réforme Fillon de 2003 prévoyait une négociation entre patronat et syndicats. Elle n’a pas abouti, vu la complexité du sujet, mais le gouvernement, qui veut à tout prix éviter de créer de nouveaux régimes spéciaux, devrait en retenir la définition : la pénibilité serait déterminée par des facteurs d’exposition (port de charges lourdes, travail de nuit, etc.).

Les régimes spéciaux, justement, et en particulier celui des fonctionnaires, seront concernés par le coeur de la réforme, c’est-à-dire l’augmentation de l’âge de la retraite et/ou de la durée de cotisation. Mais leurs avantages spécifiques seront-ils remis en question ? Sur ce point, Eric Woerth semble beaucoup moins offensif que son prédécesseur, Xavier Darcos...

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