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Retraites : « Un effort légitime et progressif » - Le Figaro

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INTERVIEW - Georges Tron est secrétaire d’État à la Fonction publique, auprès d’Éric Woerth. Il justifie le volet « fonctionnaires » de la réforme des retraites et s’exprime sur les toutes prochaines négociations salariales.

LE FIGARO - La principale mesure « retraite » spécifique aux fonctionnaires est l’alignement de leur taux de cotisation sur celui des salariés du privé. Pourquoi ce choix ?

Georges TRON - Nous voulons une réforme équitable et claire. Plus rien ne justifie de cotiser trois points de moins, en ayant des pensions de retraite comparables. Cette mesure représente une hausse de 6 euros des cotisations, sur un salaire moyen de 2 000 euros mensuels, pendant dix ans.

Le calcul de la pension sur les six derniers mois de salaire, au lieu des vingt-cinq meilleures années, est aussi un symbole d’iniquité pour l’opinion…

À tort, si on examine calmement les choses ! Nous sommes dans un système très spécifique de corps, grades, échelons, indices, avec des primes qui sont exclues du calcul de la pension. La seule question qui vaille est la suivante : ces règles génèrent-elles de grosses différences de rémunérations et de pensions ? La réponse est non.

Pourquoi avoir gardé des « catégories actives » au lieu d’appliquer aux fonctionnaires la possibilité de partir en retraite plus tôt pour pénibilité, qui sera bientôt appliquée dans le privé ?

Les professions en uniforme (policiers, pompiers, gardiens de prison…) peuvent effectivement partir en retraite à 50 ou 55 ans. C’est une façon ancienne de prendre en compte la pénibilité de ces métiers, que personne ne conteste. Les catégories actives sont donc maintenues mais ces âges planchers seront reportés de deux ans, comme pour tout le monde.

Vous ouvrez, vendredi prochain, une négociation salariale. Bercy vous pousse à un gel du point d’indice. La hausse de 0,5% au 1er juillet, promise il y a deux ans par Éric Woerth, aura-t-elle bien lieu ?

S’il est important de tenir ses engagements, nous devons aussi être lucides sur l’état des comptes publics. Cette première séance servira à évaluer la progression du pouvoir d’achat des agents en 2009 et celle prévisible pour 2010. Partant de ce diagnostic, que j’espère partagé avec les syndicats, nous serons ouverts à la discussion. Une chose est certaine : la question des retraites est, pour Éric Woerth et moi, déconnectée de celle des salaires. Il n’est pas question de compenser la première par la seconde. Cela reviendrait à annuler immédiatement l’effort légitime et progressif demandé aux fonctionnaires sur les retraites, ce que personne ne comprendrait.

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