Accueil > Actualités > Agirc-Arrco : la réforme va changer la donne - Les Échos

Agirc-Arrco : la réforme va changer la donne - Les Échos

In LesEchos

L’Agirc-Arrco, qui gère les retraites complémentaires des salariés du privé, va repasser dans le vert grâce au report de l’âge légal à 62 ans. Les partenaires sociaux qui gèrent ces régimes devront décider quoi faire de cet excédent : améliorer le niveau des pensions ou réduire les cotisations. Ils négocieront à la fin de l’année.

Les chiffrages exacts ne sont pas encore disponibles, mais le principe est acquis. Le report de l’âge légal de la retraite à 62 ans d’ici à 2018 va améliorer de façon significative la situation financière des régimes de retraites complémentaires du privé, l’Arrco, qui couvre tous les salariés, et l’Agirc, pour les cadres.

Historiquement excédentaires, ces deux régimes gérés par les partenaires sociaux ont basculé dans le rouge l’an dernier, pour la première fois, en raison de la crise. En l’absence de réforme, le déficit de l’Agirc-Arrco frôlerait les 4 milliards d’euros à l’horizon de 2020 (voir graphique). Le report progressif de l’âge de départ décidé par le gouvernement aura des effets massifs sur les comptes de l’Arrco. On peut tabler sur une amélioration de 4 milliards d’euros à cette date en se basant sur les chiffrages réalisés par le Conseil d’orientation des retraites (COR) le mois dernier, même si ceux-ci ne reflètent pas exactement le calendrier annoncé mercredi par Eric Woerth. On ne dispose pas de telles estimations pour l’Agirc, mais l’impact sera positif également, et les deux régimes devraient donc afficher des comptes nettement positifs à cette date. Les partenaires sociaux sont convenus de se réunir d’ici à la fin de l’année pour négocier l’avenir de l’Agirc-Arrco, une fois la réforme des retraites des régimes de base votée au Parlement. Cette nouvelle situation financière sera au centre des débats entre le patronat et les syndicats.

Ralentir la baisse des pensions ?

Que faire de cet excédent à venir ? Deux options sont sur la table. La première, améliorer le niveau des pensions. Depuis plusieurs années, le rendement de l’Agirc et de l’Arrco recule régulièrement chaque année, pour ne pas mettre en péril leurs finances. Concrètement, les assurés obtiennent de moins en moins de points de retraite pour un euro cotisé. Les futurs excédents pourraient être utilisés pour stopper ou au moins ralentir cette tendance à la baisse.

Deuxième solution, alléger les cotisations versées à l’Agirc-Arrco. Le patronat devrait demander qu’on réduise l’AGFF, une cotisation prélevée sur les salariés et les employeurs depuis 1983 pour financer le coût de la retraite entre 60 et 65 ans dans les régimes complémentaires. Car le passage de 60 à 62 ans réduira mécaniquement ce coût. L’enjeu financier est de taille, l’AGFF représentant plus de 9 milliards d’euros de recettes annuelles pour l’Agirc-Arrco.

Pour le moment, les partenaires sociaux se montrent très prudents. « Ne tirons pas de plan sur la comète, demande Bernard Devy, vice-président (FO) de l’Arrco. Examinons d’abord dans le détail le projet du gouvernement. Il faudra ensuite que nous ayons des études d’impact précises sur les finances des régimes complémentaires. Quel sera précisément le solde des régimes ? Les chiffrages sur lesquels nous travaillerons devraient être différents de ceux du COR, car nous retiendrons probablement des scénarios économiques moins optimistes. »

Source

Vous aimerez aussi