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CONSULTATION SUR LES RETRAITES ; cinq pistes pour une réforme à l’automne - Le Dauphiné Libéré

In Le Dauphiné Libéré

Hier, Éric Woerth, ministre du Travail et de la Fonction publique, a lancé la consultation sur les retraites en recevant chaque organisation syndicale et patronale. Objectif : aboutir à un projet de loi examiné en Conseil des ministres début juillet et voté à l’Assemblée en octobre. Sous la pression de la crise et du Medef, le point d’étape prévu par la loi Fillon en 2012 a en effet été avancé de deux ans. Il y aurait urgence : le déficit des régimes obligatoires frôlerait cette année les 25 milliards d’euros (Mds€), le montant prévu pour 2020 ! Mais si la nécessité de revoir notre système de retraites fait consensus, le calendrier, et plus encore, les solutions font débat. Le tour des principales options.

1. BAISSER LES PENSIONS

Cette solution, choisie par l’Allemagne ou la Grande-Bretagne, est peu probable en France. "Depuis une quinzaine d’années qu’elles sont indexées sur les prix et plus les salaires, les pensions ont très peu progressé" explique Henri Sterdyniak, économiste à l’OFCE-Sciences PO.

En période de crise, amputer le pouvoir d’achat des retraités serait malvenu. Rapprocher les régimes du public et du privé en basant les pensions des fonctionnaires sur les 25 meilleures années - et plus les six derniers mois - serait plus équitable. Mais prendra du temps.

2. HAUSSER LES COTISATIONS

Peu probable également : le Medef ne veut pas en entendre parler. Cela nuirait à la compétitivité des entreprises. "Pas si on augmente les seules cotisations des salariés", nuance Henri Sterdyniak. Mais alors, leur pouvoir d’achat prendrait un coup ! Benoît Hamon (PS) préfère donc "élargir l’assiette des cotisations patronales."

3. TROUVER D’AUTRES RECETTES

Toute hausse de la fiscalité était taboue. Mais jeudi, l’entourage du Président a évoqué "un effort limité aux plus aisés." Autres pistes : une CRDS additionnelle qui pourrait être exclue du bouclier fiscal (elle rapporterait près de 2 Mds €). Ou la taxation des revenus exonérés de cotisations sociales : les revenus financiers. En période de fort chômage, la seconde option serait plus efficace.

4. ALLONGER LA DURÉE DE COTISATIONS

Cette piste a les faveurs du gouvernement mais plus des syndicats. Les deux précédentes réformes (de 1993 et 2003) ont déjà porté de 37,5 à 42 ans en 2020, le nombre d’annuités nécessaires pour une pension à taux plein. Dans les faits, soit le salarié doit travailler au-delà de l’âge légal pour obtenir une pension satisfaisante. Soit, l’employeur ne voulant plus de lui, il se contente d’une retraite au rabais (près de la moitié des 55-60 ans sont sans emploi).

5. AUGMENTER L’ÂGE LÉGAL

60 % des Français et 100 % des syndicats sont contre. Mais ce serait la mesure la plus rentable. Repousser de deux ans, l’âge auquel tout salarié a droit de partir rapporterait 7 Mds€, soit la moitié des besoins annuels du régime salarié. À condition que les intéressés travaillent effectivement jusqu’à 62 ans ! Pas gagné vu le marché de l’emploi, notamment des seniors ! Cela reviendrait "à mettre les plus de 50 ans au RSA ou au chômage. Et à handicaper plus encore les jeunes en recherche d’emploi" estime Henri Sterdyniak. Pour lui, il est urgent d’attendre... la reprise ! Alors seulement, une stratégie jouant sur la durée de cotisation et l’emploi des 55-65 ans pourra être efficace. En attendant ? "Le déficit des retraites ne représente que le dixième du déficit de l’Etat".

Cet article est repris du site http://news.google.com/news/url?fd=...

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