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Retraites : Fillon maintient le cap - Le Figaro

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François Fillon tient ce vendredi matin une conférence de presse à Matignon.

« Ce n’est pas facile. » Avant même que les premiers manifestants ne se lancent, Jean-François Copé prévenait ce jeudi sur Canal+ : « Faire passer le message qu’il va falloir travailler plus longtemps, alors que pendant des années et des années on a dit qu’il fallait travailler moins, ce n’est pas facile. »

Voici donc le défi que le gouvernement devra relever pour mener à bien sa réforme des retraites : celui de la pédagogie. Car pour le reste, il n’entend pas modifier son projet sous la pression des manifestants. « Le projet ne va pas changer du jour au lendemain », expliquait-on à Matignon alors que les cortèges défilaient encore. La ligne était fixée ; les interventions des ministres qui se sont succédé jusque dans la soirée sont toutes allées dans ce sens.

Une réforme « inéluctable »

À l’occasion d’un très bref point presse en fin d’après-midi, le ministre du Travail et des Relations sociales, Éric Woerth, a relativisé la mobilisation syndicale en la comparant aux manifestations de 2009 ou au taux de grévistes « nettement inférieurs à ceux de 2003 », lors de la précédente réforme des retraites. La journée d’action « n’est pas un avertissement pour le gouvernement », a-t-il expliqué, elle est « dans la logique de ce qu’est la France ». « J’entends les personnes qui font grève », a encore assuré le ministre, qui compte poursuivre son travail sur les carrières longues, les polypensionnés et la pénibilité. « Le projet du gouvernement est sur la table. Il est bien sûr critiquable, mais l’équilibre général de ce projet est extrêmement solide », a assuré Éric Woerth.

« La réforme est inéluctable, a expliqué pour sa part le secrétaire d’État au Commerce, Hervé Novelli, sur LCI. On vit plus vieux et énoncer cela, c’est énoncer une évidence qui appelle une réponse : le relèvement de l’âge des retraites. » « On essaye de garder ce cap d’une réforme qui soit une réforme juste », a ajouté Laurent Wauquiez sur RTL. Pour le secrétaire d’État à l’Emploi, la journée de mobilisation est davantage l’expression d’une « inquiétude » que celle d’un rejet. « Les retraites touchent à quelque chose qui est très intime, c’est normal que quand on touche à une réforme comme ça, cela génère de l’inquiétude », a-t-il estimé.

À ces premiers commentaires à chaud viendra s’ajouter, ce vendredi, la parole du premier ministre. François Fillon, l’artisan de la réforme de 2003, était jusqu’à présent resté en retrait, laissant à Éric Woerth le soin de mener les négociations et de présenter, étape après étape, les options choisies. Mais confronté à la polémique qui touche son ministre du Travail dans l’affaire Bettencourt et devant l’ampleur de la journée de mobilisation des syndicats, le chef de la majorité reprend la main.

Ce sera chose faite avec la conférence de presse que le premier ministre organise ce vendredi matin. « Ce point d’étape sera l’occasion de parler de la réforme des retraites mais aussi d’évoquer les déficits publics et de répondre aux questions annexes », explique son entourage. À Matignon, on insiste notamment sur le « travail de pédagogie qui doit accompagner la réforme ». Un travail qui mérite bien une conférence de presse, exercice inédit pour le premier ministre depuis 2007. « On change les habitudes », confirme-t-on dans son entourage. Les habitudes, mais pas la réforme.

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