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Georges Tron : "Nous cherchons à améliorer la réforme"

Alors que le Sénat a commencé ce mardi à examiner la réforme des retraites, le secrétaire d’Etat chargé de la Fonction publique livre les points sur lesquels le gouvernement est prêt à accepter des modifications.

Nicolas Sarkozy avait promis aux sénateurs UMP une "marge" pour amender le projet de loi sur les retraites. Quelle est-elle aujourd’hui ?

Les sujets sur lesquels il faut avancer sont parfaitement identifiés. D’une part ce qui a trait aux personnes handicapées. Pour accéder à une retraite anticipée, il faut un taux de handicap d’au moins 80 % et 25 années de cotisation. C’est restrictif, et les sénateurs voudront certainement le bouger. Ensuite, il y a la question des chômeurs âgés. Il existe une allocation spécifique, l’AER (Allocation équivalent retraites) qui pourrait être ajustée pour tenir compte du nouvel âge de la retraite et éviter ainsi que ses bénéficiaires actuels basculent dans une situation de chômage non indemnisée.

On parle beaucoup de la situation des femmes...

Ce sera le troisième point. Il y a sur ce sujet énormément de pédagogie à faire, car beaucoup d’idées reçues circulent. Jusqu’en 2015 ou 2017, les femmes qui partent à la retraite vont continuer à avoir moins de trimestres que les hommes. Mais ensuite la situation change : les femmes nées en 1965 auront entre 10 et 15 trimestres de plus que les hommes. Le principal sujet, c’est l’écart de salaire pendant la carrière. C’est sur ce point qu’il faut agir en priorité si on veut continuer à faire progresser la retraite des femmes dans les années à venir.

Quelles mesures envisagez-vous ?

Le projet du Gouvernement prévoit notamment de pénaliser les entreprises qui ne lutteraient pas contre les écarts injustifiés de salaire entre les hommes et les femmes. C’est un sujet que le Sénat souhaite évoquer, nous prendrons le temps de le faire.

L’équilibre financier de la réforme sera-t-il maintenu ?

Bien sûr, car c’est essentiel.

Gérard Larcher avait évoqué la possibilité de maintenir l’âge de la retraite à 65 ans pour les parents ayant élevé trois enfants. Est-ce une piste ?

Le sujet des femmes doit être abordé dans sa globalité, en ciblant bien les problèmes. Encore une fois, le premier problème c’est celui qui concerne toutes les femmes, c’est-à-dire les écarts de salaire qui donnent ensuite des écarts de retraite.

Ce projet a-t-il des chances de passer tel quel au Sénat ?

Nous participons actuellement aux travaux des commissions du Sénat. Nous avons évoqué les amendements déposés, aucun ne modifierait l’architecture globale du texte telle qu’elle existe aujourd’hui.

Les débats seront donc moins houleux qu’à l’Assemblée ?

A l’Assemblée, tout s’est bien passé pendant huit jours et demi, jusqu’aux deux dernières heures. L’opposition, alors, a durci son attitude de manière très visible. Elle a théâtralisé l’incident qui s’est déroulé avec Bernard Accoyer.

Les syndicats ont regretté le manque de négociation sur la réforme...

Avec Eric Woerth, nous avons passé quatre mois pleins à rencontrer les organisations syndicales. J’ai vu tous les patrons de fédérations plusieurs fois. Nous avons discuté. La concertation a bien eu lieu. Mais nous avons aussi un devoir de responsabilité vis-à-vis des français pour sauvegarder notre régime par répartition dans lequel ce sont les actifs qui paient la retraite des retraités. L’espérance de vie ayant progressé de 15 ans depuis 1950, les mesures d’âge sont indispensables.

S’il y a, disons, 4 millions de personnes dans la rue samedi, le gouvernement peut-il encore reculer un peu plus ?

Les mesures dont je vous ai parlé aujourd’hui ne sont pas liées à un taux de participation, à telle ou telle mobilisation. Nous cherchons simplement à garder à l’esprit la nécessité d’une réforme efficace. Mais nous restons naturellement ouverts aux améliorations possibles. Nous cherchons à améliorer la réforme.

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