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Retraites : les contre-vérités de l’UNEF - Le Figaro

In Le Figaro - par Marc LANDRE

LEUR APPEL à manifester le 1er mai - pour la sauvegarde de la retraite à 60 ans - est passé un peu inaperçu mais je trouve qu’il vaut son pesant d’or. Et c’est la raison pour laquelle je leur fais un peu de pub. Eux, c’est l’UNEF, le syndicat étudiant proche du PS. Je cite : "Alors que s’engage le débat sur la future réforme des retraites, l’UNEF appelle les étudiants à manifester leur attachement au droit à une retraite à 60 ans financée par la solidarité, et à réclamer la prise en compte des années d’étude dans le calcul des annuités", clament ses responsables dans un communiqué publié le 27 avril.

Avant de se justifier, non sans appeler au passage à signer une pétition lancée par le mouvement altermondialiste Attac et la fondation de gauche Copernic : "L’UNEF dénonce l’hypocrisie du gouvernement qui prétend réformer « pour les jeunes qui ont aujourd’hui 20 ans » (Eric Woerth), mais veut leur imposer un allongement de la durée de cotisation qui les privera encore un peu plus du droit à la retraite à 60 ans. En envisageant un nouvel allongement de la durée de cotisation et en ignorant les évolutions de la société (allongement de la durée d’étude et de la période d’insertion professionnelle), le gouvernement envoie un message clair à la jeunesse : la retraite, ce n’est pas pour vous ! [...] L’allongement de la durée de la vie ne saurait être synonyme de régression sociale pour notre génération."

Cette prise de position, légitime, est néanmoins bourrée de contre-sens et contre-vérités. Primo, il est paradoxal de réclamer le maintien de la retraite à 60 ans pour des jeunes qui vont rentrer encore plus tardivement sur le marché du travail que les générations précédentes et ne pourront pas donc pas accumuler le nombre d’annuités nécessaires pour bénéficier d’une retraite à taux plein à cet âge. Soit à accepter, de facto, une baisse des pensions.

Deuzio, la réforme est aujourd’hui indispensable pour assurer la pérennité à terme - donc pour les jeunes d’aujourd’hui - des régimes de retraite. Sans réforme, une pension sur cinq sera alors financée à crédit et le besoin de financement de l’ensemble des régimes, à l’horizon 2050, avoisinera peu ou prou les 100 milliards d’euros, par an. Ce n’est pas agir, mais ne rien faire, qui serait "une régression sociale". Voire un crime contre la nation !

Tertio, leur proposition de prendre en compte les années d’étude dans le calcul des annuités, en maintenant la retraite à 60 ans, reviendrait en fait à augmenter les besoins de financement (via plus de dépenses - ils ne disent pas d’ailleurs qui prendrait en charge les cotisations pendant les années d’étude ? - pour de moindres recettes) mais aussi à diminuer la durée de cotisation qui redescendrait autour de 37/38 ans (si l’on retient 3/4 ans d’études en moyenne à prendre en charge). Mieux, l’UNEF enfonce le clou en demandant aussi que soient prises en compte les périodes d’inactivité forcée (ce qui est le cas aujourd’hui, mais sans doute trop partiellement à leurs yeux) dans le calcul des annuités !

Enfin quarto, les représentants de l’UNEF n’ont-ils pas d’autres chats à fouetter (sur les conditions de vie des étudiants, leur logement, la rétribution des stages, l’allocation étudiante, l’entrée dans la vie active des jeunes, etc.), conditionnant la capacité des jeunes à cotiser, que d’appeler à manifester pour la retraite à 60 ans et un statu-quo suicidaire ?

Cet article est repris du blog de l’actualité sociale http://news.google.com/news/url?fd=...

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