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Retraites : La négociation peut commencer - leJDD.fr

Après un 1er-Mai difficile pour les syndicats, le gouvernement va lancer ses pistes de réforme.

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Le gouvernement a remporté une victoire psychologique dans son face-à face avec les syndicats. Bernard Thibault (CGT) avait souhaité un "grand 1er-Mai", comme les autres leaders syndicaux. Mais la mobilisation contre la réforme des retraites fut en demi-teinte. Les centrales ont compté 350.000 manifestants à travers la France, dont 45.000 à Paris, où le cortège était néanmoins dense. La police en a dénombré respectivement 195.000 et 21.000. La journée d’hier ne se prêtait pas aux records. Force ouvrière a fait cavalier seul, les vacances scolaires se poursuivaient à Paris et, surtout, le gouvernement n’a pas encore précisé ses intentions.

Résultat, les défilés étaient moins fournis que le 23 mars et que lors de l’exceptionnel 1er-Mai 2009, marqué par la crise. Bernard Thibault compare l’affluence d’hier à celle de 2003, au moment de la réforme Fillon. Les syndicats avaient aussi réuni plus d’un million de manifestants (selon la police), le 13 mai cette année-là.

Seulement 30% des Français font confiance au gouvernement

"Le gouvernement aurait tort de tirer des conclusions hâtives !", menace François Chérèque (CFDT). La voie est loin d’être dégagée pour le pouvoir. D’après les enquêtes d’opinion, les Français se disent très attentifs aux débats – du moins à leur esquisse – dans un climat de méfiance. Un sondage Ifop [1] pour les mutuelles Médicis, rendu public vendredi, montre que 30% seulement des sondés accordent leur confiance au gouvernement dans ce dossier. Même 28% des sympathisants de l’UMP doutent. La cote des syndicats est à 53%.

La tension va remonter cette semaine : le Conseil d’orientation des retraites s’apprête à livrer à ses membres, dans des rendez-vous en tête à tête, les résultats d’hypothèses "dures" portant la retraite à 65 ans au lieu de 60 ans ou la durée de cotisations à 45 ans au lieu de 40,5 ans comme aujourd’hui. Les chiffres seront officialisés la semaine suivante. Au gouvernement, on préfère dès à présent s’en distinguer : "Ces scénarios ne sont pas les nôtres."

La CGT a rendez-vous demain chez Woerth

En réalité, les vraies négociations vont commencer après trois semaines d’observation. Dès demain, la CGT a rendez-vous au ministère du Travail pour évoquer les pistes du financement des pensions. C’est la principale revendication de Bernard Thibault pour combler le "trou" de l’Assurance retraite. "Ils sont obligés d’agir sur ce plan, leur position actuelle est intenable", disait hier le secrétaire général de la CGT. Pour sa part, François Chérèque s’est dit prêt à discuter de tout sauf de l’âge légal que tous les syndicats et la gauche veulent voir maintenu à 60 ans. Jusqu’ici, le leader de la CFDT a jugé "faible le contenu de la concertation".

L’enjeu pour le gouvernement est d’éviter que les prochaines manifestations ne soient pas plus fournies. Les syndicats doivent se réunir jeudi pour donner une suite à leur mouvement. "La participation au 1er-Mai est un socle suffisant pour envisager d’autres initiatives", prévient Bernard Thibault. "La mobilisation se fera par paliers", renchérit Alain Olive (Unsa). La "drôle" de réforme en cours – un dialogue peu intense et une opposition molle – prendrait fin en juin avec la présentation par Eric Woerth des mesures concrètes. S’il doit y avoir un sérieux bras de fer, il aurait alors lieu à la rentrée, avant le passage du projet de loi au
Parlement.

Cet article est repris du site http://news.google.com/news/url?fd=...

Notes

[1Sondage réalisé du 27 au 29 avril auprès d’un échantillon de 1.003 personnes, selon la méthode des quotas.

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