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La concertation sur les retraites reprend après les défilés du 1er-Mai - Le Monde

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Le 1er mai 2010 ne restera pas dans les annales sociales. Malgré l’appel à la mobilisation lancé par l’intersyndicale CGT, CFDT, FSU, Solidaires et UNSA, l’affluence aux défilés est restée en deçà des espoirs syndicaux. Il n’y a eu ni raz de marée ni démonstration de force, même si la mobilisation a été parmi les meilleures des dix dernières années.

Le ministère de l’intérieur a recensé 195 000 manifestants ; la CGT 350 000. Ces chiffres sont inférieurs à ceux du 1er mai 2009, totalement unitaire (465 000 manifestants selon la police ; 1,2 million selon la CGT) et à ceux du 23 mars 2010 (380 000 et 800 000, selon ces mêmes sources).

Même si cette situation ne peut que les satisfaire, l’Elysée et le gouvernement se sont gardés de crier victoire. "Nous nous contentons comme toujours de constater les chiffres. Et ces constatations, purement factuelles, nous conduisent à penser qu’à ce stade les Français comprennent l’importance et la nécessité d’une réforme des retraites", a précisé, dimanche 2 mai au Monde, le conseiller social du chef de l’Etat, Raymond Soubie.

"LES GENS SONT EN ATTENTE"

Invité le même jour sur le plateau de Canal+, le ministre du travail, Eric Woerth, s’est défendu de tirer "des conclusions majeures" de cette mobilisation en demi-teinte. "Il a été beaucoup question des retraites au cours des défilés", a-t-il relevé, en assurant que son objectif était de sauver les retraites, "mais en affrontant la réalité". Tout en affirmant que "le gouvernement n’est absolument pas dans une logique d’affrontement" et en se déclarant prêt à "prendre en compte la pénibilité", M. Woerth a répété que des mesures d’âge étaient inéluctables, sans les préciser. Selon le ministre, le chef de l’Etat n’a pas encore arrêté les curseurs de la réforme.

"Il va falloir accepter de travailler plus longtemps", a estimé dimanche, sur Radio J, le secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand, en soulignant à l’intention du Parti socialiste que la réforme des retraites n’était pas une partie de "cache-cache". Le socialiste Claude Bartolone, un proche de Martine Aubry, a mis en garde l’exécutif contre la tentation de tirer des conclusions hâtives de la mobilisation de dimanche.

S’essayant à faire contre mauvaise fortune bon cœur, Bernard Thibault (CGT) a évoqué un 1er mai "honorable". C’est "une base de mobilisation importante", a estimé François Chérèque (CFDT). Pour Annick Coupé (Solidaires), "les gens sont en attente" des orientations gouvernementales. Alain Olive (UNSA) partage cette analyse : "La confrontation va s’engager quand les mesures seront connues." Selon M.Woerth, un premier texte sera rendu public dans la semaine du 17 au 23 mai.

Hasard des calendriers, l’intersyndicale se réunit jeudi 6 mai, le jour où se tient à Paris un meeting de la gauche de la gauche contre la réforme, auquel assiste Cécile Duflot (Verts). La CGT défend, avec la FSU et Solidaires, l’idée de rendez-vous revendicatifs avant la fin mai. Il n’est pas sûr que la CFDT soit pour.

Critiqué pour avoir fait bande à part, le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, a dénoncé la stratégie de l’intersyndicale consistant, selon lui, "à mettre des baskets jusqu’au mois de juin, et après on enfile les tongs". "Les manifestations à répétition ne font pas trembler le gouvernement", a-t-il ajouté. Les menaces répétées de grève générale de vingt-quatre heures, dont il est friand, pas davantage.

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