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Retraite : FO appelle à la grève le 15 juin - Les Échos

Pour peser sur la réforme des retraites, Force ouvrière a pris l’initiative d’appeler « les salariés du public et du privé à une journée de grève interprofessionnelle avec une manifestation à Paris le 15 juin ». Un pari risqué.

In Les Échos

Il y a trois ans, à la tribune du 21ème congrès de Force ouvrière, son secrétaire général, Jean-claude Mailly, dénonçait la tentation de son organisation de se prendre pour le « dernier village gaulois ». Mardi, le même a annoncé sur France info que, pour peser sur la réforme des retraites, la commission exécutive de FO avait décidé « d’appeler les salariés du public et du privé à une journée de grève interprofessionnelle avec une manifestation à Paris le 15 juin », juste après le congrès de la CFDT.

Après avoir enregistré sans surprise une fin de non recevoir des autres syndicats sur sa proposition écrite de grève générale, FO s’affirme donc prêt à y aller seule. Jean-Claude Mailly a eu beau jouer mardi l’air de « qui m’aime me suive », il sait bien qu’il n’en sera pas question pour la CGT, ni, a fortiori, pour la CFDT. Alors que les deux organisations se réunissent demain avec la FSU, l’Unsa et Solidaires pour décider des suites à donner au 1er mai, il les a en tout cas pris de vitesse. Pour la plus grande satisfaction de l’exécutif qui ne peut voir que d’un bon oeil de telles divisions.

Un pari risqué

Mais au-delà du risque d’apparaître comme le diviseur, que Jean-Claude Mailly mesure bien, il y a le pari risqué, suicidaire même pensent certains, de compter ses troupes. Son prédécesseur, Marc Blondel, ne l’avait jamais osé. Il avait toujours préféré jouer les matamores et dénoncer le refus de ses homologues de lancer avec lui un appel à la grève générale, comme en 2003.

L’appel lancé mardi par FO est une forme d’aboutissement d’un retour à la tradition d’isolement, cultivée par Marc Blondel. La centrale a certes participé à l’ « union nationale » intersyndicale constituée face à la crise au premier semestre de 2009. Mais elle a ensuite refusé de participer aux différentes intersyndicales et aux appels à mobilisation.

Condamnée à se distinguer

Ce repli sur soi est pour beaucoup une conséquence de la réforme de la représentativité dont FO sait que, malgré ses tentatives judiciaires, elle a de bonnes chances de tenir. Jean-Claude Mailly dit et répète que FO « n’est pas menacée ». Mais elle est condamnée à se distinguer pour assurer son audience, devenue la clef du pouvoir syndical. Or la centrale estime que l’intersyndicale actuelle est avant tout un faire valoir de la CFDT et, encore plus, de la CGT, sa soeur ennemie qu’elle soupçonne encore et toujours de tentation hégémonique. FO ne voit pas pourquoi elle leur apporterait une crédibilité supplémentaire. Et elle est prête pour cela à mettre la sienne en jeu. En faisant de la surenchère contestataire, elle rêve peut-être aussi de séduire les cégétistes qui jugeraient que la CGT est devenue trop molle. En mobilisant seule, l’organisation veut en tout cas montrer qu’elle ne saurait être rangée du côté des « petites » CFTC et CGC.

Il reste à savoir si l’appel à la grève interprofessionnelle va réveiller les querelles internes, comme en 2003. La décision a été prise à l’ « unanimité » de la CE, dans laquelle siègent des trotskystes du Parti ouvrier indépendant (ex-parti des travailleurs) et des réformistes.

Cet article est repris du site http://news.google.com/news/url?fd=...

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