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Le gouvernement va abattre ses premières cartes - Le Point

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Le gouvernement devrait abattre lundi ses premières cartes en précisant ses intentions quant à la réforme des retraites, après plus d’un mois de concertation qui n’a guère permis de rapprocher les positions sur les mesures à prendre face au creusement des déficits. Le ministère du Travail apportait vendredi la touche finale à un document d’orientation d’une vingtaine de pages qui doit être remis aux partenaires sociaux. Le ministre Eric Woerth entamera ensuite une nouvelle série de rencontres avec les dirigeants des centrales syndicales et patronales. Il reçoit mardi Jean-Claude Mailly (FO), mercredi Laurence Parisot (Medef), jeudi Jean-François Roubaud (CGPME) et vendredi François Chérèque (CFDT).

On sera encore loin d’une proposition de réforme clés en mains : "C’est un document d’étape", insiste-t-on au ministère. Le but est de fixer de "grands principes sur lesquels le gouvernement s’engage", "certaines portes seront fermées". Le texte de l’avant-projet de loi étant attendu "dans la deuxième quinzaine de juin", ajoute-t-on de même source.

Avec la publication d’une nouvelle salve de chiffres par le Conseil d’orientation (COR) des retraites mardi, l’ampleur des besoins de financement dans les années à venir est désormais connue, ainsi que l’impact des différentes mesures pour y remédier. Le "trou" du système des retraites, qui devrait dépasser cette année les 30 milliards d’euros, pourrait se creuser jusqu’à entre 40 et 49 milliards d’euros d’ici 2020, en fonction du scénario économique retenu, plus ou moins optimiste. A l’horizon 2050, cette fourchette pourrait aller de 70 à 115 mds.

L’intérêt d’un recul de l’âge légal de départ ou d’un allongement de la durée de cotisation nécessaire pour bénéficier d’une retraite complète a été évalué : sans surprise, toucher au premier paramètre, la mesure la plus difficile à faire passer dans l’opinion, est aussi celle qui rapporte le plus rapidement des recettes. L’hypothèse qui soulagerait le plus les finances est celle qui combine une durée de cotisation allongée progressivement à 43,5 ans avec un âge légal porté à 65 ans d’ici 2035 : elle permettrait de couvrir près de 60 % des besoins de financement des retraites de base du privé d’ici 2050.

Les syndicats pour de nouvelles sources de financement

Mais ce scénario suscite des interprétations diamétralement opposées. Pour les syndicats, il démontre qu’il est vain de ne demander des efforts qu’aux salariés, puisque même l’hypothèse la plus rude en termes d’allongement de la durée de leur vie active ne suffit pas à combler le trou. Les représentants des salariés demandent donc au gouvernement de chercher de nouvelles sources de financement. Prélèvements sur les stock-options, sur les dividendes, hausse de la CSG, TVA sociale : les propositions syndicales foisonnent sans converger.

Côté patronal, le Medef a une tout autre interprétation : les chiffrages du COR "montrent que des mesures d’âge et de durée de cotisation sont absolument nécessaires". Chez les politiques, le PS a prévu d’avancer ses pions après le gouvernement, la semaine prochaine. Martine Aubry a déjà tracé les grandes lignes : maintien de l’âge légal à 60 ans, taxation du capital et peut-être un allongement limité de la durée des cotisations. Les socialistes ont aussi prévenu qu’ils s’opposeraient à ce que le gouvernement vienne "taper dans la cagnotte" de quelque 30 milliards d’euros du Fonds de réserve des retraites (FRR), créé en 1999 par Lionel Jospin.

Jusqu’ici, le gouvernement n’a pas avancé sa piste privilégiée, tout en répétant que l’enjeu principal était d’allonger la durée d’activité des salariés. Il a aussi écarté toute baisse du niveau des pensions ou toute hausse des prélèvements obligatoires. Nicolas Sarkozy a cependant confirmé "un effort financier supplémentaire des hauts revenus et des revenus du capital", qui devrait se faire sans toucher au bouclier fiscal, mais dont les contours restent flous.

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