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Le gouvernement a tracé les contours de la réforme des retraites - AFP

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PARIS — La réforme des retraites est loin d’être bouclée, mais le gouvernement en a clairement dessiné les contours, avec un accent particulier sur l’intérêt d’un recul de l’âge légal, la mesure à l’impact le plus rapide mais aussi politiquement la plus délicate à faire passer.

Le "document d’orientation" d’une quinzaine de pages envoyé dimanche soir aux partenaires sociaux donne d’autres indications importantes, comme l’horizon à moyen terme de la réforme : les nouvelles règles devront ainsi fixer la route pour revenir à l’équilibre jusqu’à "2020 ou 2030".

Or, les projections les plus lointaines du Conseil d’orientation des retraites (COR) avaient anticipé jusqu’en 2050, avec un déficit annuel entre 71 et 115 milliards d’euro sans réforme. Pour 2020, ces projections varient entre 40 et 49 mds, et pour 2030, entre 56 à 80 mds.

Les mesures gouvernementales — notamment la contribution "sur les hauts revenus et les revenus du capital" dévoilée dans le document gouvernemental— seront donc à mettre en face de ces chiffres au moment de sortir la calculette pour faire les additions.

Sans surprise, le gouvernement a surtout mis noir sur blanc ce qui sera la pierre angulaire de sa "réforme de société" : l’allongement de la durée d’activité pour répondre au défi du "vieillissement démographique", qui fait qu’il n’y aura plus en 2050 que 1,2 actif par retraité, contre 4 en 1960.

En allongeant la durée de cotisation pour une retraite complète ? Ou en reculant de l’âge légal de départ au-delà de 60 ans ?

Le gouvernement ne tranche pas à ce stade, mais il souligne néanmoins que "l’augmentation de l’âge légal est susceptible d’avoir un impact plus rapide sur l’allongement de la durée d’activité que l’augmentation de la durée de cotisation", ce que certains interprètent comme une préférence.

Alors que les syndicats font bloc contre une remise en cause de la retraite à 60 ans (sauf la CFE-CGC), le gouvernement tente de rassurer : reculer l’âge légal ne pénalise pas "ceux qui entrent plus tard sur le marché du travail".

Il reconnaît que la mesure pourrait pénaliser "les demandeurs d’emploi d’emploi les plus âgés", qui pourraient voir s’allonger leur période de chômage non indemnisée. Elle ne pourrait donc pas "s’envisager sans un dispositif spécifique sur ce point".

De manière générale, l’allongement de la durée d’activité se fera en tenant mieux compte de ceux qui ont eu "une vie professionnelle plus difficile" : il y aura donc un volet pénibilité dans le projet gouvernemental et le dispositif pour les "carrières longues", mis en place en 2003, sera par ailleurs prolongé.

"Même les riches" contribueront : les propos de Nicolas Sarkozy, qui avaient suscité des spéculations sur la remise en cause du bouclier fiscal, prennent corps dans le document gouvernemental.

Il s’agira donc d’une contribution "sur les hauts revenus et les revenus du capital", qui n’entrera pas dans le calcul du bouclier.

Face à l’opinion, il s’agit de montrer que "le souci d’équité est au coeur" de la réforme, comme l’a indiqué lundi le secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand. C’est aussi une réponse aux syndicats qui reprochent au gouvernement de ne demander des efforts qu’aux salariés.

Les questions restent nombreuses. Qu’est-ce qu’un haut revenu ? Quels sont les revenus du capital visés ? Combien rapportera cette mesure ? FO a déjà dit craindre "une recette de poche", résumant la réaction de plusieurs syndicats.

Un point d’interrogation demeure aussi sur le sort des fonctionnaires : l’allongement de la durée d’activité les concernera aussi, mais le document ne dit pas si les règles de calcul de leur pension seront modifiées.

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