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Contribution pour les retraites : principales réactions - Les Échos

Le gouvernement vient de formuler dans un document d’orientation ses pistes pour réformer les retraites. Il envisage notamment de taxer les plus hauts revenus. Principales réactions.

In LesEchos

Martine Aubry, première secrétaire du PS : « Le gouvernement n’avance pas dans ses propositions. Nous comprenons entre les lignes qu’il souhaite comme d’habitude faire payer les salariés et les retraités, mais nous n’avons pas de propositions précises. On assiste à un simulacre de concertation ». « Ce texte passera en Conseil des ministres avant l’été. On a l’impression que le gouvernement veut attendre l’été, peut-être la Coupe du monde de foot, pour que les gens n’aient pas le temps de réagir », a estimé la maire de Lille. Un allongement de l’âge légal de départ à la retraite de 60 à 63 ans et de l’âge de de la retraite à taux plein de 65 à 68 ans, ne « règle qu’à peine le quart du problème », a ajouté Martine Aubry. Elle juge « très floue » l’annonce d’une contribution sur les hauts revenus et les revenus du capital. « On n’a pas l’impression que c’est une voie importante dans la réforme du gouvernement. Mais nous, nous allons faire des propositions là-dessus très importantes et j’espère que nous serons suivis, pour une fois », a-t-elle ajouté.

Benoît Hamon, porte-parole du PS : « Le gouvernement envisage désormais une taxe sur les hauts revenus, enfin ! », a lancé Benoît Hamon sur i-télé, mais « on verra de quelle nature et de quel montant sera cette contribution ». Les plus favorisés « vont être enfin sollicités, j’ai hâte de voir à quel niveau ». Il a regretté que le gouvernement « ne bouge pas » sur « la réforme dont on sait qu’elle aurait le meilleur rendement sur les comptes de la Sécurité sociale : l’élargissement de l’assiette des cotisations patronales à la valeur ajoutée ». Au lieu ce faire « ce choix-là, il s’oriente vers l’allongement de la durée de cotisation et le fait de repousser probablement l’âge légal de départ à la retraite, c’est-à-dire une baisse inévitable, fatale du niveau des pensions », a déploré Benoît Hamon.

Parti communiste : Dans le « document d’orientation sur la réforme des retraites, le gouvernement prolonge son opération de dissimulation, avec l’objectif d’empêcher l’indispensable débat public et citoyen », a jugé lundi Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, dans un communiqué. Le gouvernement « a beau cacher ses intentions en n’annonçant toujours pas les mesures précises », mais ne « retient qu’une seule piste : l’allongement de la durée d’activité envisagé par le recul de l’âge légal et l’augmentation de la durée de cotisation ». « C’est la fin de la retraite à 60 ans qui est programmée ! » Le gouvernement « ne cherche pas à sauver les retraites mais à donner des gages aux tout puissants marchés financiers, aux agences de notation et aux spéculateurs ». Selon les communistes, la contribution de solidarité sur les hauts revenus et les revenus du capital envisagée par le gouvernement « égratignerait à peine les immenses gâchis financiers actuels tandis que le niveau des pensions s’effondrerait ». « La retraite à 60 ans à taux plein n’est pas négociable et son financement est possible », estime le PCF, qui propose « une réforme du financement passant par une refonte des cotisations avec la modulation de leur calcul, pour pénaliser les entreprises qui réduisent l’emploi et les salaires ».

Jean-François Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée : La future contribution sur les hauts revenus pour financer les retraites est « une dérogation », a déclaré Jean-François Copé, sur RTL. Le bouclier fiscal « n’est pas mort. Je dis juste que c’est une entaille et que c’est une entaille qui a du sens. Est-ce que quand on a une petite entaille on est mort, je ne le crois pas », a-t-il ajouté. « Ce qui m’intéresse c’est qu’il y ait un symbole pour qu’aucun Français ne pense qu’il y ait eu injustice » dans la réforme des retraites à venir, a-t-il insisté.

Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP : La proposition du gouvernement de taxer les plus hauts revenus montre que « le souci d’équité est au coeur » de la réforme des retraites, a déclaré Xavier Bertrand, sur France Info. Le seuil de taxation va être « l’enjeu maintenant de la discussion », a-t-il dit sur France Info. Selon lui, le principe du bouclier fiscal reste néanmoins « indispensable » pour que « les fortunes restent en France ». « Les pistes du gouvernement [pour réformer les retraites] sont à la fois solides, sérieuses, logiques ». « Accepter de travailler un peu plus longtemps, c’est dans la logique et les Français le sentent bien, ils voient bien l’évolution de l’espérance de vie et les besoins de financement si on veut garder la retraite par répartition ».

CFDT : Le syndicat juge « incomplète » l’analyse du gouvernement selon lequel « la cause du déséquilibre des régimes de retraite relèverait uniquement de la démographie et impliquerait pour seule réponse l’augmentation de la durée d’activité ». Dans un communiqué, la centrale dirigée par François Chérèque voit un « signe positif » dans la mise en place d’une contribution supplémentaire sur les hauts revenus et les revenus du capital. Mais pour le reste, la CFDT déplore que les pouvoirs publics ne prennent pas en compte dans leur analyse l’impact de la crise. « Or celui-ci est majeur d’ici à 2020 et nécessite une prise en charge par la solidarité nationale », assure-t-elle. Parallèlement, l’hypothèse d’un recul de l’âge légal de départ en retraite « pénaliserait ceux qui ont commencé à travailler jeunes et ceux qui sont hors de l’emploi au moment où ils prennent leur retraite », estime la CFDT. Le gouvernement s’en tient à une « approche comptable et limitée de la réforme des retraites ».

Eric Aubin, le négociateur de la CGT pour les retraites : « Nous pensons que [la contribution sur les plus hauts revenus] ne suffira pas de toute façon à équilibrer nos régimes », a-t-il dit à France Info. La CGT veut élargir l’assiette des cotisations et mettre à contribution des revenus financiers des entreprises.

Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière : « Il y aura une taxation sur les plus hauts revenus financiers comme on nous l’avait indiqué. De quel niveau ? On n’en sait rien pour le moment, mais ce que je crains c’est que ce soit une recette de poche, de l’ordre du symbole », a déclaré Jean-Claude Mailly, sur Europe 1. Le leader de FO a indiqué qu’il privilégiait une « rectification » de la CSG ou une « contribution supplémentaire sur l’intéressement, la participation ». « Ce que confirme le document d’orientation » du gouvernement « c’est qu’il va falloir travailler plus longtemps » a-t-il ajouté. Or, « pourquoi voulez-vous que par définition les gens travaillent plus longtemps, hein ? ; ça ne règle même pas le problème financier. Ca le règle en partie peut-être mais on va travailler jusqu’à quel âge comme ça ? », s’est-il interrogé. « Ce que je reproche au gouvernement, c’est d’avoir exactement le même raisonnement qu’avant la crise. Comment peut-il dire, on ne peut pas augmenter les cotisations ou on ne peut pas faire un prélèvement type CSG ? Que ce serait contre-productif sur le plan économique ? ».

Danièle Karniewicz, chargée de la protection sociale au sein de la CFE-CGC : « Sur cet aspect des recettes, il faut préciser des éléments : quels sont les hauts revenus et qu’est-ce qu’on en attend comme financement ? J’ai le sentiment que cela va être insuffisant pour préserver le niveau des pensions », a réagi Danièle Karniewicz. Présidente du conseil d’administration de la Caisse nationale de l’assurance vieillesse (CNAV), qui gère les pensions du secteur privé, elle réclame « un engagement plus ferme et plus lisible pour le niveau des pensions des retraités de demain ». « Les pensions risquent de baisser si on ne met pas les revenus suffisants », insiste Danièle Karniewicz, qui a lancé l’idée d’un « bouclier retraite », afin de garantir un niveau minimum de pension aux 30 millions de salariés du privé. Hostile à une augmentation des prélèvements et du taux de cotisations « pour ne pas pénaliser l’emploi et la croissance », elle a prôné un « élargissement de l’assiette avec la création d’une TVA sociale affectée aux recettes ». « L’âge reste le levier le plus efficace en matière de financement », souligne-t-elle, en rappelant que les jeunes générations se retrouvent de plus en plus tard sur le marché du travail.

Unsa : Le gouvernement « mélange principes généraux, prises de position tranchées et imprécisions ». Le document « ne garantit en rien la pérennité de notre système de retraite par répartition. A contrario, il contient même des mesures susceptibles d’aggraver la situation des salariés et des futurs retraités ». S’il « reconnaît l’importance des questions touchant à la pénibilité et au travail des seniors », le syndicat « ne peut que déplorer la faiblesse des propositions pour les faire avancer concrètement ». « Les mesures injustes visant à modifier le mode de calcul de la pension des fonctionnaires et des salariés des régimes spéciaux ne figurent pas dans le document. Sur ce dossier, Il s’agit désormais de sortir définitivement de l’ambiguïté ».

FSU : « Derrière un habillage qui se veut rassurant sur le maintien du régime par répartition, [le gouvernement] manoeuvre pour contenir une mobilisation qui s’amplifie ». « Seule concession annoncée : une contribution financière spécifique sur les hauts revenus et les revenus du capital. Elle montre que notre argumentation sur les financements n’a pu être complètement balayée dans un contexte d’injustices sociales et fiscales majeures ». « Toutes les orientations, bien que prudemment rédigées, présagent des dégradations pour les fonctionnaires comme pour les salariés du privé ».

Solidaires : « Sous prétexte de vouloir défendre notre régime de retraite [le gouvernement] en poursuit la destruction, s’inscrivant explicitement dans la lignée des contre-réformes antérieures de 1993, 2003 et 2007-2008, alors même que celles-ci ont entraîné en moyenne une baisse de 20 % du niveau des pensions ».

Attac : Le gouvernement « persiste et signe dans son intention d’aggraver encore les conditions de travail des salariés et celles dans lesquelles ils pourront prendre leur retraite ». « La logique profonde de la réforme annoncée des retraites n’est pas de préserver la solidarité mais au contraire de rassurer les marchés financiers : le gouvernement veut montrer sa détermination à faire payer la réduction des déficits publics aux salariés et à la population, en laissant intacts les revenus et le pouvoir de la finance ».

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