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Le Medef rappelle les vertus de la capitalisation - Le Figaro

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À son tour, l’organisation patronale doute que les scénarios envisagés par le gouvernement suffisent à boucler financièrement la réforme des retraites.

Il y a au moins un point commun entre les syndicats et le Medef sur la réforme des retraites en préparation. Des deux côtés, on doute que les pistes avancées dimanche soir par le gouvernement, dans son « document d’orientation » , suffisent à combler les besoins de financement du système. « Le relèvement des bornes d’âge et de durée de cotisation est absolument nécessaire, la question ne se pose plus », a déclaré mardi Laurence Parisot, au vu des récentes prévisions du Conseil d’orientation des retraites, qui ont « dépassé toutes nos craintes ». Pour autant, reporter l’âge légal à 63 ans et porter à quarante-cinq ans la durée de cotisation laisserait encore un « trou » de plus de 13 milliards par an à l’horizon 2030, pour le seul régime de base des salariés du privé (Cnav).

« Un dispositif très incitatif, voire obligatoire »

« S’il est envisagé des financements complémentaires, il est tout à fait légitime de poser la question, mais il faut bien avoir à l’esprit l’ampleur des ressources nouvelles à trouver », prévient la présidente du Medef. Or, pour le moment, le gouvernement n’envisage « que » la mise en place d’une « contribution supplémentaire sur les hauts revenus et les revenus du capital » qui concernera les particuliers et peut-être les entreprises. La patronne des patrons refuse à ce stade de se prononcer sur ce dispositif, « tellement flou ». « Il y a beaucoup de formes de capital. Le capital, c’est de l’épargne. Toucher à l’épargne longue serait selon nous désastreux pour l’économie, car c’est l’investissement dans les entreprises, met-elle en garde. Si le gouvernement veut taxer l’épargne très courte (…), nous n’arrivons pas à imaginer quelque chose qui permettrait de suppléer le besoin de financement gigantesque. »

Face à cette impasse, Laurence Parisot réclame pour un « nouveau dispositif très incitatif, voire obligatoire » de capitalisation, au côté du système par répartition. « Je préconise un “mix” des deux, précise-t-elle. Ne mettons pas tous les œufs dans le même panier. » Balayant les risques de la capitalisation, en cas de tempête boursière - inexistant à long terme de son point de vue -, la présidente du Medef rappelle « les vertus de la capitalisation : elle crée de la richesse, elle n’en ponctionne pas, contrairement à la fiscalité ». Elle souligne l’attachement à la capitalisation de ceux qui en bénéficient, comme les fonctionnaires (régime Préfon) et les salariés de certaines grandes entreprises.

Le patronat se disait encore récemment déterminé à sauver la répartition et réclamait simplement la liberté pour chacun de se constituer un complément de retraite. Son ton devient beaucoup plus alarmiste et pressant sur la capitalisation. Est-ce à dire qu’il juge désormais inéluctable la baisse des pensions dans le système par répartition, que la capitalisation permettrait seulement de compenser ? « On n’en est pas là, répond Laurence Parisot. Il serait sain que la réforme fixe le seuil des pensions en deçà duquel nous ne descendrons jamais, exprimé en taux de remplacement », c’est-à-dire en pourcentage du dernier salaire. L’idée rejoint la demande de Danièle Karniewicz, présidente (CFE-CGC) de la Cnav. Laurence Parisot y met une contrepartie : « Fixer aussi un seuil maximum de cotisation au-delà duquel nous n’irons jamais », pour préserver la compétitivité.

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