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Retraite - Les Français disent "oui" à la réforme - France Soir

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Aucun parti, même le PS ne conteste l’idée qu’il faut une réforme des retraites. Pour beaucoup, c’est simplement du bon sens.

Quand on l’interroge sur la réforme des retraites – le chantier clé – de la fin du quinquennat Sarkozy, un député sarkozyste (la scène se passe hier) lève les yeux au ciel, et glisse : « Attention, prudence ! Il y a un baril de poudre au milieu de la pièce, et des gens qui se baladent avec des boîtes d’allumettes à la main. Alors, tout peut arriver… »

C’est un fait : la réforme que gère le ministre du Travail, Eric Woerth (avec, à l’Elysée, le très influent Raymond Soubie dans le rôle du chef d’orchestre pas vraiment « clandestin »), n’est pas encore jouée. Un dérapage reste possible. Il est toujours hasardeux, il est vrai, de prétendre bousculer en quelques semaines les règles d’un jeu auquel chacun, bon gré mal gré, s’est habitué.
Il n’empêche : insensiblement, le paysage a radicalement changé. Le PS, qui jouait jusqu’ici la montre, l’a d’ailleurs compris. Hier soir, il a soudain accéléré, de peur d’être montré du doigt et peut-être sanctionné par les électeurs. Car les électeurs, on commence à s’y habituer, sont plus réactifs et, on serait tenté de dire, plus matures que les politiques, de gauche comme de droite. Ils pensent à eux, à leurs enfants, parfois à leurs petits-enfants, et ils ont compris qu’il fallait que cela bouge. Sauf à vouloir la mort du régime « par répartition » qui est, depuis l’après-guerre, l’un des piliers du contrat social « à la française ».
Du coup, plus un Français – ou presque – pour dire que le statu quo est viable. Plus un Français – ou presque – pour contester l’idée qu’il faudra demain travailler plus longtemps. Sauf ceux qui ont commencé très tôt et dont le travail aura été particulièrement « pénible ». Plus un Français – ou presque – pour contester, au fond, qu’il faudra allonger (dans des proportions à établir) le nombre d’années de cotisations donnant droit à une retraite « à taux plein ». Plus un Français pour contester que tout le monde – même les plus riches ! – devra participer au sauvetage du système, pour en assurer la pérennité.
La barrière mythique des 60 ans

Certes, il y a encore matière à débats. Et les passions sont chaudes. Débat autour de la barrière mythique – en tout cas puissamment symbolique – des 60 ans, que la gauche défend bec et ongles comme un acquis historique, presque aussi important que les 35 heures.
Débat sur l’importance de la taxe que les « riches » (et les presque « riches ») devront verser, puisque le bouclier fiscal est désormais, de facto, troué.
Débat – ô combien vif – sur la retraite des fonctionnaires : et si, pris globalement, donc toutes catégories confondues et toutes proportions gardées, ils étaient quand même, à l’heure de la crise, sinon des nantis, en tout cas des privilégiés ?

Une certitude en tout cas : dans les têtes, ces dernières semaines, cela a bougé, cela bouge. Le PS – qui admet tout de même que le statu quo n’est plus tenable et qu’une réforme s’impose – en a pris acte hier soir à sa façon (voir page suivante). Une approche très à gauche qui, ponctuellement, n’a rien de surprenant. Trois raisons à cela.
1. Martine Aubry – qui vise 2012 – n’entend pour rien au monde se couper de sa majorité et, dans une vision très mitterrandiste, elle agit classiquement : pas d’ennemi à gauche. Pas question qu’un Benoît Hamon, son porte-parole, ait des états d’âme ! 2. Dominique Strauss-Kahn, dont personne ne sait ce qu’il veut vraiment mais qui compte, sera jeudi soir l’invité de France.
2. la première secrétaire a fait comprendre au président du FMI qu’il avait sa place à la grande table, mais… à droite.
3. Martine Aubry sait que Nicolas Sarkozy, même si l’opinion bouge (et elle bouge), risque de payer cher une réforme aussi dérangeante, aussi « bousculante ». Là aussi, la leçon mitterrandiste a été retenue : pas de cadeau, on est dans l’opposition.

Certes, l’image du PS ne sort pas nécessairement grandie de ce marquage étroit, et très électoraliste. Mais l’important est probablement ailleurs : si tout le monde n’est pas d’accord sur les contours de la réforme, sur son principe il y a désormais consensus.

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