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Comment réformer les retraites ? - Le Monde

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Alors que le gouvernement a commencé à dessiner les contours de sa réforme des retraites, le débat ne cesse de s’amplifier. C’est la grande affaire de l’année 2010, écrit l’économiste Jean de Kervasdoué. Et parce que les échanges sont vifs et passionnés, il est important, écrit François Bellanger, de ne pas se tromper de cible.

Contrairement aux "bons apôtres de l’injustice sociale" qui veulent faire payer les retraités, ces derniers, souligne-t-il, sont tout sauf des nantis. Il est parfaitement choquant de les rendre responsables des déficits et de leur demander de les combler. L’Etat avait tout le temps pour corriger les erreurs, poursuit-il, il ne l’a fait que partiellement et tardivement.

Voilà pourquoi, renchérissent Nicolas Bouzou, Philippe Crevel, Francis Kramarz et Dominique Reynié, il faut bien réfléchir avant d’agir et notamment éviter cinq idées fausses pour ne pas réformer en profondeur le système des pensions.

Effectivement, poursuit parallèlement Jean de Kervasdoué, c’est organiser la solidarité qui doit être la priorité et non se limiter à la réforme des retraites. Notamment en temps de crise, où la priorité est la création de richesses.

Pour cela, il faut tout mettre sur la table, pense Henri Rouilleault, ou regarder la réalité en face, écrivent Nicolas Bouzou, Philippe Crevel, Francis Kramarz et Dominique Reynié. Il n’y aura pas de changement sans modification de l’organisation du système, sans rapprochement des différents régimes et augmentation du taux d’emploi des plus de 60 ans. Car, insiste Marie-Claire Carrère-Gée, faire des économies budgétaires ne suffira pas. Penser le social différemment, voilà une piste à suivre, estime la présidente du Conseil d’orientation pour l’emploi. Réduire la rupture entre la période où l’on travaille et celle de la retraite est un principe à retenir, estime Henri Rouilleault. Le regard sur le pacte social, qui fonde en quelque sorte notre pacte républicain, doit changer, s’ouvrir sur le monde et cesser de n’appréhender l’Europe et l’international qu’en terme de finances.

D’autant que, contrairement à l’air ambiant, le bonheur est devant nous, démontre Christophe Ramaux. Les jours heureux sont à portée de main. La pauvreté, c’était hier ! Le taux de pauvreté chez les retraités a chuté : 28 % en 1970, moins de 5 % de nos jours.

Un autre mur doit tomber pour Marie de Hennezel : le regard sur la vieillesse. Vieillir, ce n’est pas la mort, le déclin, la tristesse ou l’ennui. N’ayons pas peur de vieillir, poursuit la psychologue, qui appelle à une révolution de l’âge, comme Descartes ou Victor Hugo.

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