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Retraites : l’Elysée veut préparer les esprits, d’ici à juin, au ... - Les Échos

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Un rapport recensant les « blocs d’options » possibles pour la réforme sera présenté fin mai par le gouvernement, qui arrêtera ses choix en juin. La période de concertation avec les partenaires sociaux s’ouvre aujourd’hui. Le relèvement de l’âge légal du départ, privilégié par l’Elysée, sera au centre des débats. Le niveau des pensions reste encore peu abordé.

C’est le grand jour. Le ministre du Travail, Eric Woerth, reçoit aujourd’hui, les uns après les autres, les leaders des cinq syndicats représentatifs (CGT, CFDT, FO, CGC, CFTC) et des trois organisations patronales (Medef, CGPME, UPA) pour une première réunion abordant les « objectifs » de la réforme des retraites et la « méthode » qui sera suivie. Menée par Georges Tron, le secrétaire d’Etat à la Fonction publique, la concertation avec les fédérations de fonctionnaires démarre elle aussi cette semaine.

Prévu jusqu’à fin mai, ce premier round - il ne s’agit pas de négociations, insiste le gouvernement -s’appuiera sur les nouvelles prévisions de déficit que le Conseil d’orientation des retraites (COR) examinera mercredi. Fin avril ou début mai, le COR dévoilera l’impact de différents scénarios de réforme. Sept hypothèses seront étudiées, faisant varier la durée de cotisation jusqu’à 45 ans (en 2028) et le report de l’âge légal jusqu’à 65 ans. Ces travaux devaient être publiés mercredi avec les prévisions de déficit, mais le gouvernement a décidé de les dévoiler séparément. Un geste d’apaisement en direction de la CGT et de la CFDT, qui estiment que certains scénarios relèvent de la provocation.
Vote au Parlement en octobre

Le gouvernement entend ensuite aller vite. Fin mai, il publiera un rapport recensant les « blocs d’options » possibles pour la réforme. Sans dire, à ce stade-là, lesquels seront retenus. En juin - probablement pas avant la seconde quinzaine -viendra l’heure des décisions. Le projet de loi doit être présenté en Conseil des ministres en juillet, pour que le Parlement puisse commencer à examiner le texte début septembre, pour un vote en octobre.

Si les discussions avec les partenaires sociaux seront importantes, l’exécutif devra gérer d’autres fronts. Avec le PS, qui reste cependant divisé, notamment sur la durée de cotisation (Vincent Peillon s’est dit opposé hier à son allongement, quand François Hollande et Manuel Valls y sont prêts à certaines conditions). Mais aussi et surtout avec la majorité parlementaire. Jean-François Copé fera lui aussi, en juin, des propositions de réforme et n’acceptera pas que les députés UMP soient court-circuités, comme en 2003. Cela comptera notamment dans les débats sur l’harmonisation entre public et privé.

Le gouvernement ayant promis que « tout » était « sur la table », l’ensemble des outils seront étudiés (lire ci-dessous). Outre les recettes supplémentaires, tabou levé jeudi par Nicolas Sarkozy, les débats se focaliseront sur l’allongement de la vie active, qui se fera par le biais d’un relèvement de l’âge légal de départ, fixé à 60 ans depuis 1982, et/ou par une augmentation de la durée de cotisation nécessaire pour bénéficier d’une retraite à taux plein. La barrière des 60 ans est un repère auquel la plupart des syndicats, comme l’ensemble des partis de gauche, ne veulent pas toucher. Mais c’est en bougeant ce curseur que l’on réalise le plus d’économies à court terme.
Donner un signal fort

Pour l’heure, l’Elysée privilégie le relèvement de l’âge légal, à 62 ou 63 ans. Et paraît peu enclin à jouer en même temps sur la durée de cotisation. Il faut une réforme simple et lisible, plaide-t-on, et le relèvement de l’âge légal est aussi le mieux compris à l’étranger, un argument de poids alors que la France veut donner un signal fort sur ses finances publiques en réformant les retraites. « Si les syndicats préfèrent relever la durée de cotisation, il faudra qu’ils nous le disent clairement. Mais pour avoir un effet significatif, celle-ci devrait augmenter fortement et rapidement », glisse un conseiller. En sachant pertinemment que les syndicats n’en voudront pas…

Mais il n’y a pas que l’âge de départ à régler. Le gouvernement va devoir adresser un message sur le niveau des pensions, sujet largement occulté pour l’instant. « En aucun cas je n’accepterai que l’on diminue les pensions des retraités », a simplement affirmé Nicolas Sarkozy le 15 février. Les pensions continueront à être réévaluées tous les ans au même rythme que l’inflation. Les syndicats demandent d’autres garanties, à l’instar de la présidente de la Caisse nationale d’assurance-vieillesse, Danièle Karniewicz, qui prône un taux de remplacement minimal (lire page 3). Car la situation va se dégrader : un cadre né en 1955 touchera une pension équivalente à 57 % de son dernier salaire lors de son départ à la retraite en 2020, contre 64 % pour un assuré du même profil parti en 2003. En 2050, ce taux de remplacement tombera à 53 %.

Cet article est repris du site http://news.google.com/news/url?fd=...

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