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Grèves et manifestations jeudi sous le signe des retraites - Le Parisien

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Les syndicats appellent jeudi à une nouvelle journée de grèves et de manifestations avec pour objectif de peser sur le contenu de la réforme des retraites, sous l’oeil "vigilant" du gouvernement qui dément avoir déjà scellé le sort de la retraite à 60 ans.
Les cinq syndicats (CGT, CFDT, CFTC, FSU, Unsa, Solidaires) réitéreront aussi leurs revendications sur l’emploi et le pouvoir d’achat, après un sommet social du 10 mai à l’Elysée qu’ils ont jugé décevant.

Une nouvelle fois, FO sera absente des cortèges, la centrale ayant prévu d’organiser en solo sa journée d’action le 15 juin.

"Nous avons choisi une date qui correspond beaucoup mieux au calendrier de la réforme des retraites que celle de FO", a expliqué Bernadette Groison (FSU). Pour Nadine Prigent (CGT), "l’objectif est de faire mieux" que le 23 mars, où entre 380.000 personnes selon la police et 800.000 selon la CGT avaient défilé.
Cette journée d’action avait précédé le sommet social du 10 mai, où Nicolas Sarkozy a annoncé la prolongation des aides aux entreprises recourant au chômage partiel ou recrutant des jeunes en alternance. Mais il a déçu les syndicats en refusant de rééditer les aides directes aux ménages comme en 2009.

Le 27 mai sera donc l’occasion de demander de nouvelles mesures, mais la journée constituera surtout un nouvel épisode dans le bras de fer engagé sur la réforme des retraites.

La concertation entamée en avril suit son cours : le ministre du Travail Eric Woerth doit recevoir jeudi la CFTC, puis la CFE-CGC, tandis que le secrétaire d’Etat à la Fonction publique, Georges Tron, réunit mardi en multilatérale les syndicats de la Fonction publique.

Mais ces rencontres et groupes de travail n’ont pour l’instant fait émerger aucun terrain d’entente. Au contraire, les syndicats se montrent de plus en plus irrités, se disant persuadés que le gouvernement a déjà un projet précis dans ses cartons.

Après un entretien avec Eric Woerth, le leader de la CGT Bernard Thibault s’est ainsi dit convaincu que le gouvernement allait jouer "sur les deux leviers en même temps, l’âge et la durée de cotisation". Son homologue de la CFDT, François Chérèque, a lui aussi "vraiment le sentiment qu’il va décaler l’âge de départ vers 61 ans, 62 ans ou plus".

L’impression est partagée au-delà de la sphère syndicale, par des membres de la majorité notamment.

Samedi, plusieurs médias ont fait état d’un projet presque abouti, basé sur un recul de l’âge de départ à partir de janvier 2011, jusqu’à 62 ou 63 ans, et sur un allongement dans le même temps de la durée de cotisation.
Le gouvernement a une nouvelle fois démenti avoir déjà bouclé son projet. "Nous allons demander aux Français d’avoir une vie professionnelle plus longue, par l’âge, par les cotisations, nous allons encore en discuter, nous verrons ça au mois de juin", a dit M. Woerth.

Mise à part la CFE-CGC, les syndicats font bloc contre toute remise en cause de l’âge légal de départ à 60 ans, et comptent sur la mobilisation du 27 mai pour dissuader le gouvernement de jouer cette carte.

"S’il y a énormément de monde dans la rue, peut-être que le président de la République va y réfléchir à deux fois", a résumé Bernard Thibault.

M. Woerth a déclaré dimanche qu’il serait "évidemment particulièrement vigilant" le 27 mai.

Martine Aubry a de son côté prévenu dimanche : si le gouvernement reculait l’âge légal de départ au-delà de 60 ans, le PS reviendrait sur cette mesure en cas de victoire en 2012.

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