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Retraites : la réforme se précise mais elle n’est pas bouclée - nouvelobs.com

In NouvelObs

PARIS (AP) — Le gouvernement a confirmé mercredi sa volonté de repousser l’âge légal de départ à la retraite au-delà de 60 ans, tout en se refusant à donner plus de détails. Le ministre du Travail Eric Woerth assure que la concertation se poursuit jusqu’à la présentation de la réforme à la mi-juin, alors que les syndicats et l’opposition estiment que les jeux sont faits.

"C’est tout à fait logique que le gouvernement suive cette option, on va repousser l’âge légal", a déclaré M. Woerth mercredi. La veille, le ministre avait déjà évoqué cette décision dans un entretien au site internet de "Paris Match". "Il n’y a pas d’autre mesure (...) convaincante qui soit sur la table", a-t-il estimé à la sortie du conseil des ministres.

Si ce choix, "logique", selon la rhétorique gouvernementale, était pressenti de longue date, sa confirmation dans la bouche du ministre intervient à la veille de la journée de mobilisation interprofessionnelle de jeudi.

Le gouvernement "n’a rien caché du tout" puisqu’il avait "clairement indiqué" cette option dans le document d’orientation remis le 16 mai aux partenaires sociaux, s’est défendu Eric Woerth sur LCI. Dans ce document, le gouvernement retenait en effet deux pistes : l’allongement de la durée de cotisation et le recul de l’âge légal de départ fixé actuellement à 60 ans. Mais sans fournir plus de précisions.

La proposition de départ à 62 ans d’Arnaud Robinet, secrétaire national de l’UMP chargé des retraites, n’est pas la position de l’UMP, a aussi tenu à souligner M. Woerth.

Samedi, deux quotidiens, "Le Monde" et "Les Echos", et un hebdomadaire, "L’Express", avaient pourtant relayé des informations plus précises, évoquant notamment un recul de l’âge légal à 62 ou 63 ans, sans citer de source identifiée. Le gouvernement a aussitôt démenti, assurant depuis lors que la réforme n’est pas bouclée.

"Les choses se précisent progressivement mais nous sommes encore dans la phase de concertation puisque rien n’a été fixé sur le niveau du curseur, sur la question de la pénibilité, sur la question de la façon dont nous allons faire contribuer les hauts revenus", a souligné le porte-parole du gouvernement Luc Chatel mercredi lors du compte-rendu du conseil des ministres.

Eric Woerth "ne dit pas exactement ce que va être le détail, et il ne le dit pas parce que ça n’a pas encore été fixé", a-t-il expliqué. "Il y a plusieurs questions qui restent encore à l’arbitrage", a-t-il ajouté, tout en admettant que "ça n’interdit pas d’avoir des idées, d’avoir des pistes, des orientations".

"Je suis un peu surpris qu’on nous reproche à la fois une concertation qui ne serait pas assez longue, et puis de l’autre que tout serait soit-disant bouclé, plié et de ne rien savoir", a lancé M. Chatel à l’adresse des représentants des syndicats de salariés et de l’opposition.

La Première secrétaire du Parti socialiste Martine Aubry a dénoncé mercredi la décision du gouvernement comme "totalement injuste" et "totalement inefficace". Même en imaginant les scénarios "les plus abominables", comme porter "de 60 à 63 ans" l’âge légal de départ à la retraite, de "41 ans à 45 ans" le nombre d’années de cotisation, "il manquera les deux tiers des ressources", a-t-elle plaidé sur RTL.

De plus, "si aujourd’hui, on repousse l’âge légal de 60 à 62 ans, c’est trois millions de salariés, qui ont commencé à travailler avant 19 ans, et qui auront donc 43 ans de cotisations, qui vont être pénalisés", a estimé la No1 du PS, sans compter que "plus de la moitié sont au chômage aujourd’hui".

Le gouvernement fait "le choix le plus injuste", a réagi de son côté le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, sur France-Inter. "On rentre dans un rapport de force important", a-t-il averti en vue de la journée de mobilisation organisée jeudi.

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