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Retraites : Woerth confirme - leJDD.fr

Au lendemain de la mobilisation contre le projet de réforme des retraites, le gouvernement se dit conforté dans sa méthode. "Nous progressons dans la compréhension", a déclaré le ministre du Travail. Eric Woerth a confirmé vendredi sur RTL son souhait de relever l’âge légal de départ à la retraite.

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Finalement la mobilisation de jeudi contre le projet de réforme des retraites aura été plus faible qu’escomptée par les syndicats. Loin du million de personnes annoncé par les organisateurs, le ministère de l’Intérieur a fait état de 395.000 manifestants dans l’ensemble de l’Hexagone, contre 380.000 le 23 mars dernier. Jeudi, le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel a estimé que cette mobilisation, jugée "faible", confortait l’exécutif dans sa méthode. Un avis partagé vendredi par son homologue de l’UMP, Dominique Paillé : "Les Français, progressivement, parce qu’on leur explique régulièrement, comprennent que si on veut sauver le régime par répartition, il faut une réforme en profondeur".

Le ministre du Travail, Eric Woerth, a également fait part de sa satisfaction, tout en restant prudent sur le fond. "Je ne dirais pas que c’est accepté [la réforme des retraites, ndlr], je me garderais bien de dire ça. Je dis simplement que nous progressons dans la compréhension", a indiqué le ministre vendredi sur iTélé.

Woerth parle de 63, 62 ou 61 ans

Le gouvernement n’a pas tardé à réaffirmer sa volonté de relever l’âge légal de départ à la retraite. Une mesure dénoncée par la gauche et les organisations syndicales. Vendredi, sur RTL, Eric Woerth a en effet évoqué les chiffres de 63, 62 ou 61, avant d’ajouter "Nous verrons tout cela". Quant à la barre permettant de bénéficier d’une retraite à taux plein, aujourd’hui fixée à 65 ans, elle devrait également évoluer. Sur ce point, le ministre du Travail s’est montré clair : "Il y a des fourchettes, ces fourchettes bougeront (…) Les deux". Le projet de loi doit être dévoilé à la mi-juin, avant d’être présenté au conseil des ministres en juillet et examiné en septembre au Parlement.

De son côté, le socialiste Laurent Fabius a tenu à mettre en garde l’exécutif qui, selon lui, ne devrait pas crier victoire trop vite. "Le gouvernement aurait tort de pavoiser parce que je considère que ce qui s’est passé hier [jeudi, ndlr], c’est une base de départ et pas du tout un point d’arrivée", a-t-il déclaré vendredi sur France 2.

La CFDT pour un "grenelle des retraites"

Et, effectivement, les syndicats n’entendent pas en rester là et menacent déjà de nouveaux mouvements de protestation si l’exécutif campe sur ses positions. Se déclarant satisfait de la mobilisation de jeudi, le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a d’ores et déjà annoncé vendredi que "si le gouvernement persiste, nous prendrons d’autres initiatives". Quant à François Chérèque de la CFDT, il estime que "ce n’est pas une manifestation qui suffira". Mais la décision de l’Etat de ne pas toucher, dans un premier temps, les régimes spéciaux de retraite pourrait compliquer l’action des syndicats et affaiblir la volonté de mobilisation. L’intersyndicale (CGT, CFDT, CFTC, Solidaires, Unsa et FSU) doit se réunir la semaine prochaine afin de décider des suites du mouvement.

Lors d’une conférence à la Fondation Terra Nova, vendredi, le responsable des retraites à la CFDT, Jean-Louis Malys, s’est dit déterminé à refuser "un passage en force" du gouvernement sur le dossier des retraites. S’il n’est pas favorable au statu quo, le syndicat estime que les pistes élaborées par l’exécutif ne sont ni justes, ni durables. "Il faut faire un Grenelle des retraites", a insisté Jean-Louis Malys. Et d’ajouter, sinon, "dans cinq ans, il faudra tout recommencer".

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