Accueil > Actualités > La réforme des retraites ? "Un devoir" (Fillon) - Challenges

La réforme des retraites ? "Un devoir" (Fillon) - Challenges

"Le nouvel âge légal de départ à la retraite n’est pas décidé", a redit le ministre du Travail au lendemain de la mobilisation sur la question des retraites.

In Challenge

Les réactions ne cessaient de se multiplier, vendredi 28 mai, au lendemain de la mobilisation sur la question des retraites. Au micro de RTL, le ministre du Travail Eric Woerth a dénoncé un "mauvais procès" fait à Nicolas Sarkozy concernant son engagement de campagne de maintenir la retraite à 60 ans. "On ne savait pas qu’il y aurait une crise", a-t-il plaidé. "Le COR (Conseil d’orientation des retraites) a très bien montré que nous avons ’20 ans d’avance’ (...) en terme de déficit des retraites : 1,6 point de PIB (de déficit, ndlr), on devait l’atteindre en 2030". Sur la réforme en elle-même, Eric Woerth a une nouvelle fois défendu que tout n’était "pas décidé", même si le document d’orientation "précise beaucoup de choses". "Le nouvel âge (légal de départ à la retraite, ndlr) n’est pas décidé, n’est pas fixé, nous allons voir", a-t-il assuré, évoquant "62, 63", ou encore "61 ans". Enfin, sur la question d’une modification de l’âge de départ à la retraite à taux plein, fixé actuellement à 65 ans, Eric Woerth a confirmé qu’il bougerait, en parallèle à l’âge légal.

Débat sur la mobilisation

Les débats faisaient par ailleurs rage sur la mobilisation de la journée d’action. Le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault s’est déclaré vendredi "satisfait de la mobilisation" de jeudi, dénonçant une "forme de mépris provocante" de la part de ceux qui "minimisent" le nombre de manifestants, et "prennent des risques sur le climat social à venir". Les organisateurs (CGT, CFDT, CFTC, FSU, Unsa et Solidaires) ont en effet atteint l’objectif de "faire mieux" que lors de la dernière mobilisation du 23 mars (800.000 manifestants selon la CGT, 380.000 selon la police, qui en a compté cette fois-ci 395.000). Mais ils n’ont pas franchi de palier et on reste loin des défilés de l’hiver 2009 (2,5 à 3 millions de manifestants selon la CGT).

"Il n’est pas question d’avantage" pour les uns ou les autres après les manifestions de jeudi, a lui réagi le secrétaire général de l’UMP Xavier Bertrand sur i-TELE. Mais "c’est vrai que c’est une mobilisation qui est inférieure, très en dessous de ce que les syndicats avaient souhaité", a-t-il ajouté.

Le secrétaire d’Etat à la Fonction publique Georges Tron a lui estimé que la mobilisation "manifeste une inquiétude sans qu’il faille en grossir la signification". Quant au porte-parole du gouvernement Luc Chatel, il a assuré vendredi n’avoir "jamais eu de mépris" pour les syndicats et qu’il n’y avait ni "perdants" ni "gagnants" après les manifestations jeudi contre la réforme des retraites.

Diplomate, le Premier ministre François Fillon a déclaré que "la question n’est pas de comptabiliser la mobilisation. Toute mobilisation est importante, c’est un message qu’envoient les Français ou qu’envoient les partenaires sociaux au gouvernement". "Mais il n’y a pas de lien entre la mobilisation et la détermination du gouvernement à conduire la réforme des retraites. Pour une raison très simple : la réforme des retraites, ce n’est pas une question de mobilisation, c’est un devoir", a poursuivi François Fillon.

Perturbations à la SNCF et dans l’Education nationale

Jeudi, Luc Chatel avait affirmé que la "faible mobilisation" lors de la journée d’action venait "valider la méthode du gouvernement" sur sa réforme.
Pour cette journée d’action, les syndicats avaient appelé à des arrêts de travail à déterminer localement, qui n’ont pas eu d’impact significatif.
Des perturbations ont eu lieu dans les transports de quelques villes, comme Nice, Clermont-Ferrand, Reims, ainsi qu’à l’aéroport d’Orly.
A la SNCF ont été affectés principalement les TER et Transiliens (75% et 80% respectivement du trafic normal).
Dans l’Education nationale, les grévistes étaient 15,99% dans les écoles et 12,27% dans les collèges et lycées (chiffre officiel), 30% dans les collèges et lycées (chiffre syndical).

Source

Vous aimerez aussi