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On ne peut plus repousser la réforme des retraites, selon le commissaire européen à l’Emploi - AFP

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BRUXELLES — Les gouvernements de l’UE ne peuvent plus repousser la réforme de leurs systèmes de retraites compte tenu de la crise économique et d’un tournant démographique imminent, juge dans un entretien à l’AFP le commissaire européen à l’Emploi Laszlo Andor.

M. Andor qui se donne un an pour formuler des recommandations en matière de retraites, rappelle qu’il est du ressort des Etats européens eux-mêmes de prendre des décisions.

"Nous nous trouvons dans une période où aucun pays ne peut se contenter de laisser le dossier au gouvernement suivant", prévient-il. L’opinion publique et les partenaires sociaux vont également devoir "regarder la réalité en face même si c’est désagréable".

Des centaines de milliers de Français ont manifesté la semaine dernière contre un plan de réforme des retraites, qui prévoit un recul de l’âge légal de départ, actuellement à 60 ans.

"La crise économique s’est ajoutée à la liste de facteurs poussant à une révision des systèmes de retraites. Beaucoup de pays ressentent désormais une plus forte pression pour ajuster le montant des retraites ou l’âge légal de la retraite", insiste le commissaire. Les Espagnols proposent ainsi de faire passer l’âge officiel de 65 ans à 67 ans.

"Dans certains Etats, la revalorisation des retraites ne s’appuyait pas sur une réelle capacité financière", note-t-il. Ainsi, les Hongrois ont dû renoncer à verser un treizième mois aux retraités.

"L’arrivée à la retraite de la génération du baby-boom, née après la Seconde guerre mondiale, va créer un nouveau rapport entre les actifs et les retraités. Les cinq prochaines années vont être critiques pour les pays européens", estime Laszlo Andor.

La population active de l’UE va commencer à décroître à partir de 2012. Et d’ici 2030, "deux personnes actives financeront un retraité, une proportion intenable", souligne-t-il. Aujourd’hui, on compte trois actifs pour une personne de plus de 65 ans en Europe.

Reste que les années d’atermoiements de dirigeants politiques, limitant leur champ de vision à leur mandat de quatre ou cinq ans, ont des conséquences.
"La crise n’est pas le moment idéal pour discuter de l’avenir des retraites, car nous sommes maintenant confrontés à une multitude d’autres problèmes, en passant par la politique industrielle et la gouvernance économique", déplore M. Andor.

Fin juin, Bruxelles publiera un "livre vert" destiné à ouvrir un vaste débat collectif sur les retraites en Europe, qui compte autant de régimes que de pays.
Prescrire un âge idéal de départ à la retraite n’est pas du ressort du commissaire, d’ailleurs réfractaire à des solutions uniformes pour toute l’UE.
Reste que seule la moitié des Européens est encore employée à 60 ans. Pour changer la donne, il faut éventuellement mettre en place des incitations financières pour les employeurs, des horaires de travail aménagés au delà de 60 ans ou encore des centres de formation acceptant mieux les travailleurs âgés, suggère M. Andor.

L’âge de départ effectif à la retraite dépasse légèrement les 60 ans dans l’UE, constate une version préliminaire du "livre vert" préparé par des experts de la Commission.

Les Européens passent en moyenne un tiers de leur vie à la retraite, une proportion qu’il faudrait idéalement maintenir, alors que les démographes tablent sur une progression de l’espérance de vie (+7 ans d’ici 2060).
Dans ce contexte "il faut augmenter l’âge auquel on arrête de travailler et auquel on touche une retraite", affrime le document. Sans cela, les Européens seraient acculés à "un mélange douloureux de retraites plus faibles et de cotisations plus élevées".

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