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De quoi amortir la réforme des retraites - Challenges

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A elles seules, les statistiques révèlent toute l’injustice : un cadre de 35 ans peut espérer vivre jusqu’à 81 ans, un ouvrier du même âge mourra à 74 ans ! Pour les femmes, l’écart, plus faible, atteint trois ans. Le report de l’âge légal de départ à la retraite au-delà de 60 ans risque d’accroître cette inégalité sociale. En 2012, comme prévu par la loi Fillon de 2003, un cadre devra en effet cotiser 41 ans pour bénéficier d’une pension à taux plein. S’il a commencé sa carrière après ses études, à 22 ans, il obtiendra les années de cotisation nécessaires à 63 ans. Le report de l’âge ne lui fera donc ni chaud ni froid. En revanche, un ouvrier ayant travaillé dès 19 ans aura accumulé le nombre suffisant de trimestres à 60 ans, mais devra malgré tout rester à l’usine. C’est le syndrome de la double peine : travail plus pénible et plus long.

Quelles mesures le gouvernement peut-il prendre pour faire passer cette pilule amère ? Il a promis de conserver le dispositif des carrières longues, qui permet aux personnes ayant travaillé jeune (avant 17 ans) de partir en retraite entre 56 et 59 ans. Mais les syndicats craignent que la durée de cotisation des carrières longues soit allongée, comme en 2008. Le ministère étudie en effet cette possibilité, comme celle d’un décalage de l’âge de départ.

Le gouvernement tiendra également compte de la pénibilité. Très attachée au sujet, la CFDT demande que les personnes exposées à des nuisances (produits chimiques, charges lourdes, horaires atypiques) cotisent un an de moins pour dix années de travail, et que chaque salarié concerné fasse une demande individuelle par dossier. Le ministre du Travail, Eric Woerth, a déclaré réfléchir « à une logique d’individualisation », dans les colonnes du Journal du dimanche. Reste à savoir sous quelle forme.

L’âge où un salarié est assuré de partir avec une pension à taux plein sera aussi reporté au-delà de 65 ans. Les premiers à payer l’addition seront les précaires et les femmes, souvent en manque de trimestres. Le ministère compte améliorer la couverture retraite des chômeurs non indemnisés via le Fonds de solidarité vieillesse. Pour les femmes, il relève que leur faible retraite (en moyenne 825 euros par mois) est surtout due aux inégalités salariales et promet des (énièmes) mesures, voire des sanctions qui pousseraient les entreprises à les réduire, après la réforme des retraites.

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