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Un député se penche sur le financement des retraites en Europe - EurActiv France

In Euractiv

Le député (UMP) Arnaud Robinet a rendu, mercredi 2 juin, les conclusions de son rapport sur le financement des retraites dans les Etats européens, à l’heure où les débats sur la réforme des retraites occupent le premier plan sur la scène française.

Reprenant une étude de la Banque mondiale de 1994, l’élu identifie « trois piliers » sur lesquels reposent les systèmes de retraite européens : les régimes relevant de l’assurance sociale obligatoire, les régimes complémentaires et l’épargne retraite individuelle.

Au-delà, les pays européens répartissent leur système de retraite entre deux grands modèles. Le premier, dit « bismarkien », repose sur un dispositif d’assurances sociales organisé entre les salariés selon un principe de mutualisation solidaire. C’est le système par répartition qu’a adopté la France : les cotisations des actifs servent immédiatement à payer les retraites en cours.

Le second modèle, dit « beveridgien », repose quant à lui sur une protection sociale financée par l’impôt. Aussi les pensions versées ne dépendent elles pas de l’activité antérieure et assurent un socle minimum aux personnes ayant peu ou pas cotisé. Ce système prévaut par exemple au Royaume-Uni et dans la plupart des pays du Nord de l’Europe : Suède, Finlande, Danemark, Norvège et Islande.

« Ce qui a fait la réussite de la réforme des retraites chez nos voisins, c’est le consensus entre les acteurs », qu’ils soient politiques ou syndicaux, affirme Arnaud Robinet. « Le but de cette mission n’est pas de casser le modèle français, explique-t-il. Il est de montrer que des voies empruntées dans d’autres pays peuvent être explorées. »

Arnaud Robinet se penche plus particulièrement sur la réforme des retraites allemande. Entre 1989 et 1992, le pays a ainsi fait passer l’âge légal de départ à la retraite de 63 ans pour les hommes et 60 ans pour les femmes à 65 ans pour tous. Le régime de retraite en annuités a également été transformé en régime par points. Après plusieurs ajustements, une réforme importante a été adoptée en 2001 : hausse du taux de cotisation et baisse du taux de remplacement et des pensions publiques.

« Modèle » finlandais

Parallèlement, Berlin a instauré un système d’épargne individuelle par capitalisation. Il concerne 13 millions de salariés en 2009, soit presque la moitié des Allemands relevant du régime public d’assurance vieillesse. « En France, la mise en place d’un tel livret d’épargne populaire pourrait faire partie des pistes », estime Arnaud Robinet.

« La Finlande est également un modèle pour son rapide redressement », insiste le député, vantant les efforts d’Helsinki pour « convaincre les entreprises qu’ils ont intérêt à employer des seniors ». Dans ce pays, l’âge légal de départ à la retraite s’étend entre 62 et 68 ans. Mais l’âge de sortie du marché du travail est de 61,6 ans, contre 59,4 pour la France et 62 ans pour l’Allemagne.

La réforme entrée en application dans le pays en 2005 a touché essentiellement les pensions complémentaires. Helsinki a mis fin à la plupart des dispositifs de retraites anticipées qui répondaient au chômage massif du début des années 90 (10% en 2010 contre 16,6% en 1994). Le pays a également mis en place un système de départ à la retraite « à la carte » de 63 à 68 ans, contre 65 ans auparavant.

En France, l’âge légal de départ à la retraite est de 60 ans, soit le même que les femmes polonaises, britanniques, autrichiennes et italiennes. Dans ces quatre pays, le système est différent pour les hommes et les femmes. En Roumanie, les femmes peuvent aussi partir plus tôt que les hommes à 58 ans.

Mais en Europe, les âges de sortie effective du marché du travail par les salariés sont assez proches les uns des autres. Aussi les Français partent ils en moyenne à 59,4 ans, contre 59,3 pour les Polonais, 60,4 ans en Italie, 60,9 pour les Autrichiens, et 62 ans en Allemagne. Ce sont les Roumains qui partent le plus tard, à 64,3 ans en moyenne.

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