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Pourquoi le PS se hâte lentement sur les retraites - TF1

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Martine Aubry présidera une réunion du parti dans huit jours sur le sujet. En attendant, les socialistes tentent de masquer des points de vue parfois divergents.

Ils savent tous que la réforme des retraites est indispensable mais ils se disent tous qu’elle peut être très coûteuse dans l’opinion et handicapante lors des prochaines échéances électorales. A droite comme à gauche donc, les partis politiques français ne s’empressent pas de mettre leurs projets sur la table, préférant laisser au gouvernement le soin de démarrer la concertation avec les partenaires sociaux. Lundi, le ministre des Affaire sociales Eric Woerth les a tous reçus pour un premier tour d’horizon et déjà, les premiers désaccords se confirment, notamment sur l’agenda de la réforme jugé trop précipité avec une discussion parlementaire début septembre. Le patron de FO soupçonne ainsi le pouvoir "de jouer sur l’effet Coupe du monde de football", de la mi-juin à la mi-juillet, pour faire passer la pilule.

Chez les socialistes, la prudence est particulièrement de mise. Après son succès aux régionales, Martine Aubry ne veut pas voir ressurgir sur ce délicat dossier les divisions au sein de son parti. Tout l’effort de la direction de Solférino ces prochaines semaines va donc consister à travailler de front la sauvegarde de l’unité et la proposition d’une contre-réforme des retraites crédible. Exercice périlleux mais indispensable pour un PS qui veut montrer sa capacité à incarner une alternative en 2012. « Nous savons bien que Sarkozy va chercher à nous piéger lors du débat sur la réforme des retraites, expliquait il y a quelques jours un membre de la direction à TF1 News. Nous ne sommes pas obligés de lui rendre ce service. Qu’il abatte ses cartes et alors nous nous positionnerons en fonction de la discussion avec les syndicats ».

"Nous restons attachés à la retraite à 60 ans"

Depuis début avril, la première secrétaire a entamé des rencontres officielles avec les principaux dirigeants syndicaux. Forte de ses entretiens, Martine Aubry présidera le 20 avril un groupe de travail qui comprendra notamment les principaux dirigeants du PS, une annonce faite dimanche par Pierre Moscovici. Le député du Doubs a préconisé sur Europe 1 "une remise à plat" du système des retraites actuel alors que, selon lui, le gouvernement veut imposer "un carcan". "Nous restons attachés à la retraite à 60 ans comme âge légal de départ", a-t-il souligné, rappelant ainsi la position officielle du PS.

Même si en coulisses certains affirment que cette position fait débat, les socialistes préfèrent insister aujourd’hui sur la nécessité de trouver de nouveaux financements. Lundi matin sur Europe 1 puis lors d’un point-presse, le porte-parole du PS, Benoît Hamon, qui a précisé qu’il s’exprimait bien au nom de tout le parti, s’est prononcé à court terme pour une contribution des revenus financiers au financement des retraites. "Le gouvernement refuse l’élargissement de l’assiette des cotisations patronales", a-t-il regretté. "Si vous allongez la durée de cotisation et qu’il est très difficile d’obtenir le nombre d’annuités suffisant pour avoir une retraite à taux plein, la conséquence immédiate, c’est la baisse des pensions", a-t-il poursuivi. Interrogé sur le "prélèvement spécifique" sur "une catégorie de population" envisagé par l’Elysée, il a jugé que cette piste allait "dans le bon sens" mais a souhaité attendre de savoir "de quoi on parle" avant de se prononcer définitivement.

« Toute imprécision se paye cash »

Malgré l’affichage d’une unité, le PS compte toujours des voix discordantes et médiatisées puisqu’elles sont celles de deux présidentiables. Ainsi fin mars, François Hollande a estimé qu’il allait "sans doute" falloir "allonger la durée des cotisations" mais qu’il fallait revoir les règles "tous les cinq ans" en fonction de "l’espérance de vie" et de "la pénibilité" des métiers. Selon lui, "cela permet d’avoir un dialogue constant, de faire comprendre les règles et ça permet aussi de faire de la justice". De son côté, le député Manuel Valls appelle même ses amis à "un pacte national" sur la réforme des retraites "non seulement avec les partenaires sociaux mais aussi avec la majorité". "La gauche peut défendre une retraite à la carte et l’allongement de la durée de cotisation", ajoute-t-il, mais "à quatre conditions : augmentation du taux d’activité des seniors, prise en compte de la pénibilité, élargissement de l’assiette des cotisations et relèvement des petites pensions". Quand on lui demande pour quelles raisons la gauche devrait aider Nicolas Sarkozy dans cette réforme, il répond : "Si certains pensent que l’on remportera la présidentielle sur la seule base de l’anti-sarkozysme, ils se trompent". Cette position pour un consensus est ultra-minoritaire au sein du PS.

En revanche, tous les socialistes savent bien que le temps presse pour élaborer une position compréhensible par l’opinion sur ce dossier. Certains dirigeants sont régulièrement très évasifs dans les médias sur les retraites, se contentant de belles généralités. « Il faudra avoir nos idées au clair avant l’été, pour le débat parlementaire », a expliqué au Monde la secrétaire nationale à la Sécurité sociale Marisol Touraine. Si la pacification du parti est une première victoire de Martine Aubry, la construction d’une alternative politique sur une question aussi importante que les retraites est en effet, pour elle, une étape cruciale dans la construction d’un leadership. « C’est un débat de grands dirigeants et toute imprécision se paye cash », confie un de ses partisans. Elle se hâte donc lentement.

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