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Retraite : vers une hausse du taux de cotisation des fonctionnaires - AFP

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PARIS — La hausse du taux de cotisation retraite des fonctionnaires, est envisagée par le gouvernement pour rapprocher, au nom de "l’équité", secteurs privé et public, les syndicats de fonctionnaires y voyant, avant même toute annonce, une mesure synonyme de baisse du pouvoir d’achat.

Alors que le gouvernement semble avoir abandonné l’idée d’harmoniser les modes de calcul des pensions du privé et du public, basé pour l’un sur les 25 meilleures années et pour l’autre sur les 6 derniers mois, c’est désormais la piste d’une convergence des taux de cotisation qui est privilégiée.
Dans la Fonction publique, le taux de cotisation salariale est de 7,85%, inférieur de près de 3 points à celui des salariés du privé, qui versent 10,55%.

Selon le Conseil d’orientation des retraites, un point de cotisation supplémentaire pour les fonctionnaires rapporterait 720 millions d’euros.
La hausse envisagée des cotisations des fonctionnaires rapporterait 3 milliards d’euros, a-t-on indiqué de sources gouvernementales sans préciser à quelle échéance.

Le secrétaire d’Etat chargé de la Fonction publique Georges Tron remarquait la semaine dernière que "sur le taux de cotisation, c’est une réalité : il y a trois points d’écart" entre le public et le privé.

Selon lui, "la question est la suivante : est-ce qu’on peut considérer qu’il est équitable, normal que, pour avoir une retraite qui est à peu près d’un montant équivalent, on paye trois points de plus dans le privé que dans le public ?".
Avant même toute annonce gouvernementale, le syndicat Solidaires avait estimé qu’"une augmentation du taux de cotisations retraites des fonctionnaires de 2,8%, se traduirait bien par une baisse du pouvoir d’achat", alors que le document d’orientation du gouvernement "écartait toute solution qui baisserait le niveau de vie des Français".

Le syndicat a calculé qu’une telle hausse équivaudrait à ramener le point d’indice, qui sert de base de calcul aux rémunérations des 5,2 millions de fonctionnaires, à un niveau inférieur à celui de novembre 2005.

"La CGT ne refuse pas par principe une hausse des cotisations dans le public comme le privé", avait affirmé Jean-Marc Canon (CGT), "mais on ne va pas accepter comme ça que la cotisation des fonctionnaires passe de 7,85% à 10,65%, d’un coup, avec en plus une réforme des retraites qui diminue leur droit à la retraite", et alors que d’autres hypothèses pourraient "rogner d’autres spécificités de la Fonction publique", comme les départs anticipés.
"Si on nous promet en plus des vaches maigres en terme de rémunération, ce sera un sujet d’affrontement majeur", avait-il ajouté.

"Dans un système où l’on détruit des emplois, avec le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, augmenter les cotisations n’a pas de sens, puisqu’on aura moins de cotisants", a souligné pour sa part Brigitte Jumel (CFDT).

Anne Baltazar (FO) exige en tout cas que toute hausse de cotisation soit compensée par une hausse des salaires, et notamment du point d’indice, dans le cadre des négociations salariales qui doivent débuter fin juin.
Solidaires prévient : ces négociations seront "chaudes, chaudes", surtout si le ministre ne prévoit qu’une augmentation du point d’indice de 0,5%", un engagement déjà acté pour 2010.

Mais le gouvernement ayant annoncé un gel des dépenses publiques pour trois ans, les syndicats craignent de devoir subir des mesures d’austérité salariale.
D’autant que Georges Tron a récemment assuré qu’il n’était "pas question" d’une "baisse des rémunérations et ensuite le gel de ces rémunérations", une formule ambiguë qui n’exclut pas un simple gel des salaires.

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