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La réforme ou le déclin, par JEAN-MARC VITTORI

In LesEchos - JEAN-MARC VITTORI [1]

Si rien ne change, ça sera encore pire dans dix ans. La France comptera toujours près d’un actif sur dix au chômage, sa dette publique dépassera un an de production et, surtout, son rythme de croissance à moyen terme dépassera à peine 1 %. Le nouveau message de la Commission pour la libération de la croissance française, plus connue sous le nom de « commission Attali », diffusé dans son prérapport soumis hier au débat public, pourra sembler bien noir. Il est pourtant encore optimiste, car nous sommes à l’orée d’une crise des finances publiques sans précédent dans l’histoire contemporaine. Courez, camarades de la commission Attali, le vieux monde s’écroule derrière vous !

Avec vous, c’est la France tout entière qui doit se mettre en mouvement. A vrai dire, pour la première fois peut-être, les trois problèmes majeurs du pays sont clairement nommés : les failles de l’éducation, « le manque de confiance des Français dans la communauté de leur destin » et une croissance faible dans une Europe anémiée. Difficile, ensuite, de ne pas être d’accord avec les cinq enjeux identifiés : l’Europe, les finances publiques, l’innovation, l’emploi et l’équilibre entre les générations. Ou avec l’idée que la France a des atouts qui ne demandent qu’à être mis en valeur. Mais le blocage essentiel n’a toujours pas sauté : l’incapacité des gouvernants à mener les réformes nécessaires.

Ce qui se passe sur la question des retraites, que l’exécutif a enfin osé aborder après la paralysie des gouvernements Juppé, Jospin et Raffarin, n’est guère encourageant. Malgré les efforts déployés, on risque de ne pas aller jusqu’au bout de la réforme. Sur toute une série de dossiers, il faudra aller plus vite et plus loin. Le rapport Attali 2, qui sera publié le mois prochain, tirera les enseignements des débats initiés à partir du document publié hier. Françaises, Français, à vos plumes, à vos claviers.

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Notes

[1Jean-Marc Vittori est éditorialiste aux Échos.

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