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Le projet de réforme des retraites dans la dernière ligne droite - Le Point

In LePoint - par Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - L’heure est aux derniers arbitrages avant la présentation la semaine prochaine du projet de réforme des retraites qui relèvera, contre l’avis des syndicats, l’âge légal de la retraite fixé à 60 ans depuis 1983.

Une source gouvernementale a déclaré vendredi à Reuters que le texte serait présenté "a priori mercredi matin" aux partenaires sociaux et à la presse et un ministre a donné pour "sûr" un relèvement de cette âge à 62 ou 63 ans.

"Il s’agira d’un projet poussé qui restera ouvert jusqu’en fin de semaine" pour d’éventuels ajustements, a ajouté cette source, en précisant que "les arbitrages peuvent avoir lieu jusqu’au dernier moment".

Le ministre du Travail Eric Woerth, chargé de la réforme, avait dit sa préférence pour une présentation mercredi pour ne pas interférer avec la journée de mobilisation pour les retraites organisée mardi à l’appel du syndicat Force ouvrière.

Le texte serait présenté mercredi avant le conseil des ministres et une audition d’Eric Woerth sur les retraites par la commission des Affaires sociales de l’Assemblée.

Cette nouvelle réforme vise à juguler les déficits des retraites, nourris par l’allongement de la durée de la vie mais qui ont récemment bondi sous l’effet de la crise économique.

Si rien n’est fait, le Conseil d’orientation des retraites, instance qui associe partenaires sociaux, parlementaires, représentants de l’Etat et experts, prévoit que le déficit de l’ensemble des régimes atteindra environ 40 milliards d’euros par an en 2015 et 41 à 49 milliards en 2020.

La réforme s’inscrit dans un mouvement d’ensemble des pays européens pour tenter de redresser leurs finances publiques.

Le ministre du Travail compte présenter son texte mi-juillet en conseil des ministres et en septembre au Parlement.

"ENTRE 62 ET 63 ANS"

Principale ligne de fracture avec les syndicats, le relèvement de l’âge légal, confirmé par Eric Woerth, et pour lequel l’hypothèse la plus souvent évoquée est 62 ou 63 ans.

"Ce qui est sûr, c’est que c’est entre 62 et 63 ans", a dit un ministre vendredi.

Le gouvernement se ménagerait ainsi une marge de manoeuvre pour équilibrer les signes de sérieux à l’intention des marchés financiers et une volonté de conciliation avec les syndicats.

Le Premier ministre François Fillon pencherait pour les 63 ans, a ajouté ce ministre, expliquant que "l’important, c’est le jugement que portent les marchés sur notre gestion".

L’âge légal, à partir duquel il est possible de toucher une pension, avait été abaissé de 65 à 60 ans par le président socialiste François Mitterrand. Son relèvement doit rapporter plusieurs milliards d’euros sur les prochaines années.

Le relèvement de l’âge légal s’accompagnera de celui d’un autre âge de référence, celui, actuellement fixé à 65 ans, à partir duquel il est possible de toucher une pension sans décote quel que soit le nombre d’année travaillées.

Le rythme de la hausse de l’âge légal et donc son horizon ne sont pas encore choisis, l’augmentation d’un trimestre par an étant jugée plus facile à accepter par la population que celle d’un semestre par an demandée par le patronat français.

Autre inconnue, l’éventualité d’assortir le relèvement de l’âge légal d’une nouvelle hausse de la durée de cotisation nécessaire pour toucher une retraite à taux plein, qui atteindra 41 ans en 2012 selon la dernière réforme de 2003.

Le gouvernement a déjà dévoilé d’autre pistes, comme une possible hausse du taux de cotisation des fonctionnaires pour le rapprocher de celui des salariés du secteur privé.

Le ministre du Travail a d’autre part jugé normal d’envisager d’utiliser le Fonds de réserve des retraites pour financer les déficits actuels. Doté de quelque 35 milliards d’euros, ce fonds était censé prendre en charge une partie des dépenses des régimes de base du secteur privé à compter de 2020.

Une taxation supplémentaire sur les ménages à revenus élevés devrait également voir le jour. Des informations de presse ont fait état d’une taxe pour les personnes gagnant plus de 11.000 euros par mois, mais Eric Woerth a démenti ce chiffre.

Les dispositifs retenus pour prendre en compte la pénibilité de certains métiers seront également examinés avec attention par les syndicats, qui ont critiqué des déclarations gouvernementales permettant d’augurer une prise en compte individuelle de cette question.

Cinq syndicats appellent à une journée de mobilisation sur les retraites le 24 juin, après une première journée le 27 mai pour laquelle la mobilisation a été mitigée.

Selon un sondage BVA diffusé jeudi, une majorité de Français estime que l’action des syndicats n’aura pas d’impact sur la réforme.

Avec la contribution de Sophie Louet, édité par Yves Clarisse
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