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Retraites : les hauts revenus mis à contribution (Fillon) - Challenges

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Le Premier ministre a confirmé l’existence d’une contribution sur les hauts revenus dans la réforme. L’intersyndicale appelle à une journée de grève et de manifestations le 24 juin.

Le Premier ministre François Fillon a déclaré lundi 14 juin que la réforme des retraites allait comporter "une contribution" de "ceux qui sont les plus fortunés de notre pays", lors d’une conférence de presse à Oslo avec son homologue norvégien Jens Stoltenberg. Il n’a toutefois pas donné de détail sur le niveau de revenu qui pourrait être concerné par la mesure. Le ministre du Travail Eric Woerth avait un peu plus tôt confirmé, sur Radio Classique, qu’il y aurait bien des "ressources supplémentaires" pour financer les retraites.
"Il y aura bien une participation des plus aisés au financement des retraites" et "il y aura bien des ressources supplémentaires (...) qui concerneront les entreprises", a affirmé le ministre.
"C’est logique que les ménages les plus aisés participent, car souvent les ménages aisés partent en retraite plus tard et donc la mesure d’âge les atteint moins", a résumé Eric Woerth.
Mais, selon des sources concordantes, le gouvernement aurait abandonné l’idée, un temps envisagée, de taxer les revenus supérieurs à 11.000 euros.

Pas de désaccord avec l’Elysée

Le ministre a également indiqué que le système des retraites des parlementaires doit également être réformé. "Il faut que le président du Sénat et le président de l’Assemblée annoncent clairement une réforme du régime de retraites des parlementaires dans les jours qui viennent", a ajouté le ministre du Travail. Plusieurs membres du gouvernement ont déjà fait part de leur souhait de voir ce système, plus avantageux que le droit commun, être réformé. Interrogé sur le calendrier des annonces de la réforme, Eric Woerth a indiqué "le calendrier, c’est mercredi matin" avec l’annonce officielle, mais "les partenaires sociaux recevront le document avant". Le document sera "amendable" pendant "quelques jours", a-t-il précisé.
François Fillon a également qualifié de "fantasmes" les éventuelles divergences entre l’Elysée et Matignon sur la question des retraites.
L’intersyndicale (CGT, CFDT, FSU, Unsa, Solidaires, CFTC) a appelé lundi à une journée de grève et de manifestations le 24 juin pour protester contre le projet gouvernemental de réforme des retraites.

Le PS contre les 63 ans

La numéro un du PS, Martine Aubry, avait qualifié la veille, lors de l’émission C politique sur France 5, de "totalement injuste" l’intention de François Fillon de retarder l’âge de départ à la retraite. "En nous proposant de passer à 63 ans, Nicolas Sarkozy essaie de faire deux coups", a-t-elle dit : "il essaie de faire croire à son électorat qu’il est courageux et qu’il prend une mesure forte, alors que cette mesure est injuste et qu’elle ne règle pas le problème des retraites. Et il fait la même chose vis-à-vis de Bruxelles".
"Que M. Fillon le veuille ou non, cette injustice, on ne la laissera pas faire", a-t-elle prévenu, ayant du mal à cacher sa colère. Elle a réaffirmé que si la gauche revenait au pouvoir, elle supprimera cette décision.
Martine Aubry a par ailleurs souligné n’avoir pas cru au projet d’un prélèvement exceptionnel sur les hauts revenus, mesure qui serait écartée après avoir été envisagée. "Je n’y ai même pas cru. Quand on nous a dit qu’on allait toucher le capital il y a un mois, j’ai dit : attendons de savoir".
François Fillon a réaffirmé samedi son intention de toucher au "symbole" de l’âge légal de départ à 60 ans, tout en trouvant de nouveaux financements.

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