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RPT - Derniers arbitrages sur la réforme des retraites - Le Point

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Répétition pour préciser au sixième paragraphe la date de la journée de mobilisation.

PARIS (Reuters) - L’Elysée et le gouvernement procèdent aux ultimes "dosages" dans la réforme des retraites avec l’objectif d’enterrer en douceur le symbole du départ légal à 60 ans pour ne pas heurter opinion publique et syndicats.

L’idée d’une contribution des "plus fortunés", réaffirmée lundi par le Premier ministre François Fillon, participe aussi de cette volonté de l’exécutif de parvenir à l’"équilibre" et à "l’équité" dans un climat social faussement atone.

Le texte gouvernemental sera présenté officiellement mercredi matin par le ministre du Travail Eric Woerth, principal artisan du dossier avec la présidence de la République. Il devrait être transmis aux partenaires sociaux mardi soir.

Le projet de loi sera ensuite examiné en conseil des ministres à la mi-juillet, après avoir été soumis aux caisses de Sécurité sociale, aux caisses des retraites, au Conseil d’Etat et au Conseil supérieur de la fonction publique. Il passera devant le Parlement en septembre.

Les grèves et les manifestations de 1995 contre le plan Juppé sur les retraites et la Sécurité sociale restent dans les mémoires et le gouvernement a pris soin de travailler à un projet "ajustable", même si le report de l’âge de départ à la retraite à 62 ou 63 ans, rejeté par l’opposition et les syndicats, paraît acquis.

L’intersyndicale appelle à des grèves et des manifestations jeudi 24 juin.

JUSQU’OÙ ?

"Si le texte peut être encore amélioré, si les partenaires sociaux souhaitent négocier sur tel ou tel point, le gouvernement y sera évidemment ouvert", a déclaré lundi Eric Woerth sur Radio Classique.

Nicolas Sarkozy devrait trancher mardi soir, a déclaré lundi le porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre.

Un ministre explique : "On se laisse une marge de manoeuvre, en fonction des signaux que l’on veut adresser aux marchés et/ou aux syndicats".

Là se joue l’arbitrage ultime pour le président : jusqu’où relever l’âge de départ à la retraite pour résorber efficacement et durablement le déficit de l’ensemble des régimes de retraite ?

Selon Le Conseil d’orientation des retraites (Cor), le déficit des régimes de retraite atteindra environ 40 milliards d’euros par an en 2015 et 41 à 49 milliards en 2020.

Le défi démographique "exige de travailler plus longtemps et donc d’augmenter la durée de cotisation et l’âge d’ouverture des droits", a souligné samedi François Fillon.

Initiateur de la loi de 2003, le Premier ministre est soucieux du message adressé à l’Union européenne et, partant, à l’Allemagne, dans la cure d’austérité imposée à la zone euro.

Matignon, comme le ministère de l’Economie, plaident pour une réforme qui voit loin sans être maximaliste, tandis que Raymond Soubie, conseiller social du chef de l’Etat, défendrait une approche plus progressive, selon des sources au sein du gouvernement et de la majorité.

L’horizon choisi pour renflouer les caisses de retraite - 2020, 2025, 2030 ? - détermine les principaux paramètres de la réforme : report de l’âge légal et allongement de la durée de cotisation. S’en tenir à l’échéance 2020 permettrait de faire passer la pilule du report de l’âge légal en évitant un allongement de la durée de cotisation.

"FANTASMES"

François Fillon a qualifié de "fantasmes" les rumeurs sur des divergences entre Matignon et l’Elysée sur ce point notamment, évoquant un "accord parfait" avec Nicolas Sarkozy.

"On ne peut pas résumer la réforme des retraites à la seule question de savoir si c’est à 63 ans ou 62 ans qu’il convient de partie", a-t-il dit lundi lors d’une conférence de presse à Oslo, où il était en visite.

Mais c’est bien sur ce "symbole" que s’articule la réforme.

"Il serait lâche de notre part de dire aux Français que leur retraite pourrait être assurée (...) sans toucher (...) au symbole des 60 ans", a dit samedi le chef du gouvernement.

La dirigeante du Parti socialiste, Martine Aubry, a réaffirmé dimanche que l’âge légal de 60 ans, en vigueur depuis 1983, constituait "la ligne rouge absolue".

Le rythme de hausse de l’âge légal - un trimestre par an, quatre mois ? - ne serait pas encore choisi. Le Medef s’est prononcé pour un semestre par an, ce que refuse le gouvernement.

Autre inconnue donc, la possibilité d’assortir le relèvement de l’âge légal d’une hausse de la durée de cotisation nécessaire pour toucher une retraite à taux plein, qui atteindra 41 ans en 2012.

D’autres pistes sont évoquées, comme la hausse du taux de cotisation des fonctionnaires (7,85%) pour le rapprocher de celui des salariés du secteur privé (10,55%). Une taxation sur les ménages à revenus élevés devrait également voir le jour, au nom de "l’effort collectif" demandé à la nation.

"Il y aura bien des ressources (supplémentaires) du côté des entreprises et bien du côté également des ménages. C’est logique que les ménages les plus aisés participent", a dit Eric Woerth.

L’hypothèse d’une hausse de la tranche supérieure d’impôt sur le revenu est évoquée dans certains médias.

Les parlementaires sont aussi appelés à réformer leur régime de retraite, pour l’exemple.

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